L’an passé, 5 987 paniers de surplus de production ont été distribués à 122 collaborateurs du groupe angevin de restauration collective Restoria. Une initiative en place depuis janvier 2024 qui répond à un double objectif : réduire les biodéchets et améliorer les conditions de vie des salariés de l’entreprise. "Initialement, explique Laetitia Desvignes, directrice mission et impact du groupe Restoria (61,6 M€ de CA 2023-2024, 850 collaborateurs dans 17 départements), une vente de surplus de production avait été mise en place pour les salariés de notre cuisine centrale de Bournezeau en Vendée, mais l’opération s’est arrêtée avec la crise du Covid et n’avait pas été réactivée. Avec l’inflation, l’idée est revenue et des collaborateurs ont proposé d’avoir accès aux surplus de production. Nous en distribuons déjà chaque semaine à des associations mais nous en jetons tout de même."
Entre 10 000 et 17 000 repas confectionnés chaque jour
50 % des repas du groupe Restoria sont produits directement dans des restaurants détachés, avec de petites équipes, l’autre moitié est élaborée trois cuisines centrales en Vendée, Ille-et-Vilaine et à Saint-Barthélemy-d’Anjou, en Maine-et-Loire. Cette dernière, la plus importante, emploie 85 personnes et fabrique 3 millions de repas par an pour les écoles, collèges et lycées, le secteur de la santé et du médico-social (Ehpad, IME…) et les entreprises. Soit entre 10 000 et 17 000 repas confectionnés chaque jour, selon les périodes de l’année. Préparés en liaison froide, ils sont ensuite acheminés dans les établissements.
4 grammes de déchets par repas
"Par différentes actions, nous avions déjà divisé le gaspillage alimentaire par deux avec 22 grammes de déchets par convive, témoigne David Rémy, directeur de la cuisine centrale de Saint-Barthélemy-d’Anjou. Avec le don aux collaborateurs, qui a représenté 13 tonnes en un an, nous descendons à 4 grammes par repas élaboré." Le système a été mis en place dans les trois cuisines centrales. "Nous avons élaboré un process avec un règlement signé par les collaborateurs, explique Laetitia Desvignes, et les paniers ne sont distribués que s’il y a des excédents de production. La valeur est identique pour tout le monde."
Un gain de 200 à 300 euros par mois
Cette opération représente pour l’entreprise une douzaine d’heures de travail par semaine, pour répartir, préparer la répartition, assurer la traçabilité. Elle paie également des charges sur ce qui est considéré comme un avantage en nature. Pour le collaborateur, le coût sur le bulletin de salaire est d’environ… 80 centimes d’euro. " Cela représente en revanche de réelles économies sur le budget de courses mensuelles, indique David Rémy. Entre 200 et 300 euros. Pour certains, le seul repas équilibré de la journée était celui qu’ils prenaient dans l’entreprise le midi. L’un des avantages est aussi de mesurer le travail des autres, et cela crée de la discussion dans l’entreprise sur les recettes que nous élaborons."
Un argument pour fidéliser les salariés
Pour Restoria, entreprise à mission depuis 2021, le don aux collaborateurs entre pleinement dans les objectifs sociaux et environnementaux qu’elle s’est fixés. "Dans notre démarche RSE, nous voulons partager les fruits de notre activité et préserver la planète en réduisant le gaspillage, précise Laetitia Desvignes. C’est aussi un argument supplémentaire pour attirer les talents et fidéliser les salariés."