Le ralentissement du marché du travail se confirme dans le Grand Est. Après plusieurs trimestres de dégradation progressive, la région a perdu 10 750 emplois salariés sur un an à fin mars 2026, soit un recul de 0,7 %. La baisse est plus marquée qu’au niveau national, où l’emploi salarié ne recule que de 0,2 %.
Plus préoccupant encore, le mouvement touche désormais l’ensemble des départements de la région. La Meurthe-et-Moselle affiche la plus forte contraction (-1,4 %), devant les Vosges (-1,3 %) et la Haute-Marne (-1 %). Le Bas-Rhin, premier bassin d’emploi régional avec plus de 380 000 salariés, perd lui aussi 2 210 emplois sur un an (-0,6 %).
Cette dégradation s’inscrit dans une tendance désormais durable. Depuis début 2025, chaque trimestre se traduit par une nouvelle baisse des effectifs régionaux. Au premier trimestre 2026, l’emploi salarié régional recule encore de 0,3 % par rapport au trimestre précédent.
L’industrie paie le prix fort
Le principal signal d’alerte provient de l’industrie. Avec 5 680 emplois détruits en un an, le secteur concentre plus de la moitié des pertes enregistrées dans la région. Les effectifs industriels reculent de 1,9 %, soit une contraction trois fois supérieure à la moyenne nationale du secteur.
Les filières historiquement fortes dans le Grand Est sont particulièrement touchées. La métallurgie perd 1 530 emplois (-3,4 %), les plastiques près de 1 000 postes (-4 %), les matériels de transport 870 emplois (-3,6 %) et les fabricants de machines 720 postes (-2,8 %).
Cette dégradation intervient alors que plusieurs secteurs industriels régionaux sont confrontés à un ralentissement de la demande européenne, à la montée des procédures collectives et à une multiplication des plans d’adaptation des effectifs.
Construction, commerce et intérim restent fragiles
L’industrie n’est pas seule concernée. La construction recule de 1,3 %, avec 1 580 emplois supprimés en un an. Après une légère amélioration observée en 2025, le secteur replonge sous l’effet de la faiblesse persistante du marché immobilier et du recul des travaux spécialisés.
Le commerce perd, de son côté, 2 640 emplois (-1 %), principalement dans le commerce de gros. L’intérim, traditionnel indicateur avancé de la conjoncture, continue également de se contracter (-0,8 %), signe que les entreprises restent prudentes sur leurs perspectives d’activité.
Certaines activités tertiaires montrent aussi des signes de faiblesse. Les télécommunications voient leurs effectifs chuter de 7 %, tandis que la recherche-développement recule de 6,8 %.
L’hébergement-restauration fait figure d’exception
Dans ce paysage largement dégradé, l’hébergement-restauration demeure le seul grand secteur créateur d’emplois. Les effectifs y progressent de 1,1 %, soit 1 030 postes supplémentaires sur un an. Les activités liées à la santé humaine (+ 1,1 %), aux arts et spectacles (+ 1,7 %) ou encore à la finance (+ 0,7 %) restent également orientées positivement.
Parallèlement, les salaires continuent d’augmenter. Le salaire moyen par tête progresse de 1,7 % sur un an et la masse salariale régionale de 1,1 %. Une évolution qui traduit davantage les effets des revalorisations salariales que ceux d’un marché du travail dynamique.