À l’heure de choisir entre un label ou une plateforme RSE, un dirigeant d’entreprise doit avoir en tête ce qui distingue ces deux formules. Un label est une certification avec un référentiel public et un audit réalisé par une tierce partie indépendante. Une plateforme est un système d’évaluation continu, partagé avec les donneurs d’ordre, qui produit un score. Le label valorise un engagement structuré ; la plateforme alimente une relation commerciale.
"LUCIE 26 000" ou "Engagé RS"
Deux labels français sont adossés à la norme ISO 26000, pensés pour des organisations qui veulent professionnaliser leur démarche RSE.
"LUCIE 26 000", créé en 2007 par l’Agence LUCIE, est le premier label RSE français. Il est indiqué pour une PME qui structure sa démarche sur le marché national.
"Engagé RSE", délivré par Afnor Certification, propose quatre niveaux progressifs de labellisation (initial, progression, confirmé, exemplaire). Il est plus exigeant techniquement, mieux adapté aux ETI industrielles aux process formalisés.
B Corp et EcoVadis
Délivrée par B Lab, une organisation américaine à but non lucratif fondée en 2006, B Corp est la référence des marques à mission. Ce label a été reformaté en janvier 2026 pour être plus exigeant et donc plus différenciant. Il est plutôt destiné au B to C.
EcoVadis n’est pas un label, mais une plateforme d’évaluation qui recense 150 000 entreprises notées dans 180 pays. Aujourd’hui 1 400 entreprises multinationales en font un critère d’appel d’offres. Pour une PME ou une ETI exportatrice ou inscrite dans la chaîne d’approvisionnement de grands comptes, EcoVadis est donc incontournable.
La nouvelle donne Voluntary Standard
Il existe également des labels plus sectoriels (PME +, Imprim’Vert) et thématiques (Great Place to Work) qui couvrent des besoins ciblés.
Reste un acteur émergent, ni label ni plateforme : le Voluntary Standard (norme de reporting de durabilité à usage volontaire), héritier direct de la VSME élaborée par l'EFRAG fin 2024. La Commission européenne en a publié le projet d'acte délégué le 6 mai 2026, ouvrant une consultation publique jusqu'au 6 juin 2026, pour une adoption attendue dans la foulée et une application au reporting de la chaîne de valeur à partir des exercices ouverts au 1er janvier 2027. Norme publique, gratuite, elle a vocation à devenir la grammaire commune que les donneurs d'ordre utiliseront pour interroger leur chaîne de valeur. Pour les structures sortant du champ CSRD, c'est l'outil de référence à anticiper. À terme, le Voluntary Standard pourrait rendre superflue une partie des évaluations payantes.