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La start-up agritech My Easy Farm prépare deux levées de fonds pour se développer à l’international
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La start-up agritech My Easy Farm prépare deux levées de fonds pour se développer à l’international

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Spécialisée dans le développement d’une plateforme agritech, My Easy Farm connait une forte croissance, en partie à l’international. Pour accélérer son déploiement, la start-up marnaise prépare deux levées de fonds et a rejoint un programme européen.

Basée à Bezannes, dans la Marne, My Easy Farm compte 26 salariés — Photo : My Easy Farm

Depuis Bezannes, dans la Marne, la start-up agritech My Easy Farm (26 salariés) développe une plateforme digitale à destination des agriculteurs, des coopératives et des négociants. Le dispositif collecte des données agricoles et les traite pour donner accès à l’utilisateur à un éventail de fonctionnalités, allant de la création de cartes et de tâches au calcul des coûts de production et au suivi en temps réel des matériels agricoles en opération. L’utilisateur s’en sert pour organiser, optimiser et décarboner son exploitation.

"Nous avons réalisé 800 000 € de ventes d’abonnements en 2023", annonce François Thierart, co-fondateur et dirigeant de l’entreprise. La plateforme est aujourd’hui utilisée par plus de 2 500 agriculteurs et près de 30 coopératives et agro-industriels. Pour poursuivre son déploiement à l’international, My Easy Farm s’apprête à boucler fin juillet une levée de fonds de 800 000 € auprès de business angels. "L’année prochaine, la deuxième étape est de réaliser une levée de 4 à 5 millions d’euros en série A", poursuit le dirigeant.

Une forte croissance

La plateforme développée par My Easy Farm est associée à plusieurs applications complémentaires comme My Easy Carbon, un outil conforme à la certification française "label bas carbone grandes cultures" et qui aide les agriculteurs et porteurs de projets à décarboner leur production. L’application permet notamment d’établir la référence carbone d’une exploitation, ou encore de calculer le bilan annuel des effectifs carbone d’une exploitation. "En février 2024, nous avons mis en ligne My Easy Sphere, qui se spécialise dans l’agriculture régénératrice", explique François Thierart.

160 %

Depuis dix-huit mois, "il y a une forte demande autour de tous ces thèmes. Les agro-industriels s’engagent avec des démarches Sbti (Science Based Target Initiative, un dispositif qui soutient les entreprises dans la définition de bonnes pratiques et l’élaboration d’objectifs fondés sur des preuves scientifiques, NDLR) et à travers la directive CRSD, qui va imposer aux agro-industriels plus de transparence et de précision sur leurs émissions d’effet de serre", continue le dirigeant. En conséquence, l’entreprise a connu une croissance de 160 % en 2023. "L’objectif, c’est d’atteindre les 6 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2027", chiffre François Thierart.

Un programme européen

Pour accompagner cette transition et ces deux levées de fonds, My Easy Farm a annoncé en juin 2024 rejoindre le programme EIT Food RisingFoodStars. Soutenu par l’institut européen de l’innovation et de la technologie (EIT), le dispositif a sélectionné 14 start-up européennes du secteur agroalimentaire. Ces dernières, choisies pour leur capacité à développer des solutions pour l’agriculture et un accès à l’alimentation durable en Europe, suivront un programme de trois ans.

Une implantation en Allemagne

Ces opérations doivent permettre à My Easy Farm d’accentuer son déploiement hors de la France. "Plus de 50 % de notre chiffre d’affaires est réalisé à l’international : les projets d’agriculture régénératrice sont très souvent portés par des agro-industriels qui ont des projets internationaux", justifie François Thierart. Pour s’adapter à cette demande, l’entreprise a traduit sa plateforme en 8 langues. Et a implanté des bureaux en Italie, aux Pays Bas et au Brésil.

François Thierart, fondateur et dirigeant de My Easy Farm — Photo : My Easy Farm

"La prochaine étape, c’est l’Allemagne. Un équivalent du label bas carbone français est en train d’être mis en place là-bas", explique le dirigeant. En France, My Easy Carbon était justement l’un des premiers outils conformes au "label bas carbone grandes cultures". "L’outil pourra être adapté au label allemand", anticipe François Thierart.

"Dans un troisième temps, il y aura le marché nord-américain"

"D’abord, nous visons l’Europe et l’Amérique latine. Dans un troisième temps, il y aura le marché nord-américain", prévoit le dirigeant. Pour ses prochaines implantations l’entreprise a identifié plusieurs pays, dont la Pologne et la Roumanie.

Améliorer l’outil avec de la R & D

"À 70 %, les levées de fonds doivent nous permettre de nous déployer d’un point de vue commercial. Les 30 % restants serviront à financer la R & D", calcule François Thierart. Parmi les pistes de travail, la plateforme va continuer à s’adapter aux réglementations des pays dans lesquels elle s’implante, comme en Allemagne.

Par ailleurs, "l’intelligence artificielle fait partie de nos grands projets, c’est un fil rouge de l’année 2024", souffle le dirigeant. Cette dernière devrait être utilisée par l’entreprise pour réaliser du machine learning et des modèles. Dans cette perspective, My Easy Farm faisait partie des 8 start-up conviées par Microsoft pour participer au Hackathon GenAI, en mars 2024.

Marne # Services # Agritech # Levée de fonds # Start-up # RSE # International