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Changement climatique : ces entreprises azuréennes qui commencent à s’adapter aux risques
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Changement climatique : ces entreprises azuréennes qui commencent à s’adapter aux risques

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Canicules, inondations, tempêtes, feux de forêt, sécheresses… la palette des risques est large et tous exposent désormais actifs, salariés et modèles économiques. Des entreprises azuréennes ont décidé de s’y préparer dont certaines, adhérentes de Symbiose Alpes-Maritimes, ont suivi l’Atelier de l’Adaptation au Changement Climatique.

Des entreprises, adhérentes de Symbiose Alpes-Maritimes, ont travaillé sur les risques qu’elles pourraient subir à cause du changement climatique, et surtout sur les solutions qui peuvent être mises en place — Photo : Olivia Oreggia

Une dizaine d’entreprises adhérentes de Symbiose Alpes-Maritimes (une vingtaine d’entreprises adhérentes) ont participé à l’Atelier de l’Adaptation au Changement Climatique.

"Pas là pour sauver le monde"

Dans une démarche proche de la Fresque du Climat, elles sont là pour trouver des pistes concrètes afin de se préparer à affronter les aléas climatiques. "Il est certain que nous n’arriverons pas à sauver le monde, mais nous ne sommes là pour ça, résume Laurent Flory, directeur associé de Coeos Immobilier. Néanmoins, chacun à notre niveau, nous agissons. Il y a une méthodologie pour cela qui, une fois déployée, nous permettra de dire que ce n’était pas compliqué."

Pour Fabien Robot (Scilog Conseil), animateur ce jour l’Atelier Adaptation au Changement Climatique, il faut "sensibiliser à la culture du risque" — Photo : Olivia Oreggia

Devenir "un peu plus égoïste"

Car tenter d’atténuer les effets néfastes sur le climat est une chose. S’y adapter en est une autre. Et pour toutes les entreprises de bonne volonté, savoir par quel bout prendre le sujet n’est pas toujours évident. "Les impacts climatiques vont continuer et ils vont être de plus en plus forts, explique Fabien Ronot, fondateur de Scilog Conseil, qui anime l’atelier. Les entreprises doivent continuer de lutter, en réduisant par exemple leurs émissions de gaz à effet de serre. Mais elles doivent aussi devenir un petit peu égoïstes en s’adaptant, localement, dans les bureaux, les usines, chez leurs fournisseurs ou leurs partenaires."

Car entre vagues de chaleur, vents violents, pluies torrentielles ou sécheresses répétées… les risques ne manquent pas. La Brasserie du Comté en sait quelque chose : située au bord de la Vésubie, dont l’eau est l’ingrédient premier de ses bières, elle a été entièrement détruite par la tempête Alex en octobre 2020. La détermination de ses dirigeants a permis de la voir renaître de ses cendres. "Dans le même secteur mais dans un endroit un peu plus sécure", souligne Paola Nadal, sa responsable RSE.

Paola Nadal est la référente RSE de la Brasserie du Comté, entreprise de Saint-Martin-Vésubie, qui avait été intégralement détruite par la tempête Alex en octobre 2020 — Photo : Olivia Oreggia

Des exemples concrets

Un exemple de résilience qui ne doit pas faire oublier que toutes les entreprises sont désormais concernées, même lorsqu’elles ne sont pas directement implantées dans des zones a priori dangereuses.

Ainsi sont-elles amenées, durant cet atelier, à réfléchir à partir d’exemples concrets : comment assurer son activité quand chaleur et sécheresse contraignent les centrales nucléaires à réduire leur production ne permettant aux entreprises de bénéficier d’électricité que par intermittence ? Ou quand les salariés doivent travailler en extérieur sous un dôme de chaleur ?

Et Nicolas Hochwelcker, directeur commercial d’Exhibit Group (280 salariés, CA : 50 M€), spécialiste de l’impression numérique grand format à Carros, de rappeler que le cas est fréquent : "Au mois de juin, des centaines de prestataires techniques travaillent sous la canicule en plein jour sur les plages pour un des grands salons cannois, parfois avec des équipements de sécurité lourds et chauds."

Si l’atténuation du changement climatique est entrée dans les habitudes des entreprises (via notamment la décarbonation), l’adaptation reste peu intégrée dans les process et les stratégies — Photo : Olivia Oreggia

De l’urgence au long terme

Adapter les horaires de travail, fournir des gilets rafraîchissants, décaler l’événement à une saison plus propice… L’exercice est précisément de trouver des solutions, à la fois dans l’urgence mais aussi sur le long terme, de manière "transformationnelle". Le tout, sans provoquer de nouveaux impacts négatifs sur le climat.

"Pour moi, c’est une continuité des travaux engagés, comme la réalisation de notre bilan carbone, explique Pascal Galinet, secrétaire général de GIEPS (360 collaborateurs), spécialiste de l’assurance et de la prévoyance sociale, basé à Sophia Antipolis. C’est complémentaire."
"Dans une PME, on est toujours en train de chercher des solutions à super court terme, donc pas très structurées et pas toujours avec un impact positif à long terme, confie Céline de Panthou, directrice des opérations de Network Interim. Réfléchir à tous ces risques et à toutes les solutions qui sont à notre portée, et les évaluer, c’est très structurant."

Groupe Coeos (immobilier et assurance), Exhibit groupe (impression grand format) ou Bioriginal (traiteur événementiel)… tous types d’entreprises et tous secteurs d’activité sont aujourd’hui concernés par les aléas climatiques — Photo : Olivia Oreggia

"Aujourd’hui, je suis locataire, mais si j’ai un jour mon propre laboratoire, je veux un lieu où je pourrai exploiter la géothermie (exploitation de la chaleur du sous-sol comme source de chauffage ou d’électricité, NDLR), explique Elroy Stend, fondateur et dirigeant de Bioriginal, traiteur événementiel. Cela fait un moment que j’y réfléchis."

"Délocaliser des serveurs informatiques pour qu’ils ne soient pas tous dans la même zone géographique où ils subiraient les mêmes impacts, c’est une idée intéressante et capitale pour nous qui sommes une entreprise du numérique, résume pour sa part Inès Chabane, chargée de mission RSE au sein de Key4Events (62 collaborateurs), organisateur d’événements professionnels. Je vais faire une étude de risques avant de proposer un Plan de continuité d’activité."

Une prise de conscience encore limitée

Si chaque entreprise, de la TPE au grand groupe, est désormais exposée à un "aléa climatique", toutes n’ont pas atteint une telle prise de conscience dans la nécessité de s’y préparer. Ainsi, fin 2024, une étude de Bpifrance révélait que 68 % des dirigeants de PME et ETI ne considèrent pas l’adaptation au changement climatique comme un sujet stratégique majeur mais "comme un défi encore lointain".

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