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"Nous hébergeons une personne sans domicile fixe quand nos bureaux sont vides"
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"Nous hébergeons une personne sans domicile fixe quand nos bureaux sont vides"

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Depuis un an, Hubert d’Avezac de Castera, le dirigeant du bureau d’études MTDA, basée près d’Aix-en-Provence, est adhérent à l’association Les Bureaux du Cœur. Avec elle, il a déjà accueilli dans ses locaux, pendant six mois, une personne sans domicile. Une expérience simple et fédératrice qu’il souhaite poursuivre avec d’autres invités.

Hubert d’Avezac de Castera, dirigeant de MTDA — Photo : DR

Hubert d’Avezac de Castera a mis un peu de temps à "franchir le pas", avoue-t-il. Mais depuis un an, il est adhérent à l’association Les Bureaux du Cœur, qui propose aux entreprises d’accueillir dans leurs locaux, le soir et le week-end, des personnes sans domicile. Et de mai à novembre 2025, il a hébergé David, "arrivé avec ses deux sacs cabas dans lesquels tenait toute sa vie", se souvient le dirigeant du bureau d’études et de conseil en environnement MTDA (45 salariés dont 35 au siège ; CA 2025 : 3 M€), implanté à Venelles, près d’Aix-en-Provence.

"Quand j’ai acheté nos locaux et que j’ai vu l’investissement que ça représentait, je me suis dit que c’était vraiment dommage de les occuper seulement un tiers du temps, retrace-t-il. Puis j’ai connu l’association par des membres du Centre des jeunes dirigeants (CJD) dont je fais partie et qui sont à l’origine de cette démarche. Enfin, un membre local a publié un post à ce sujet sur les réseaux sociaux et ça a été le déclic."

Un lit, des sanitaires et une cuisine

Hubert d’Avezac de Castera a pris connaissance des modalités de cet accueil transitoire (de trois mois, renouvelables une fois), a rencontré la référente locale de cette association nationale implantée en Paca depuis deux ans, et s’est lancé dans l’aventure. Il avait en effet la possibilité de mettre à disposition une petite cuisine, des sanitaires, ainsi qu’un canapé-lit, conformément aux exigences des Bureaux du Cœur. Et même une douche, qui est vivement souhaitée mais n’est pas indispensable.

"Si l’invité a la possibilité de se laver ailleurs, à son travail par exemple, on ne demande qu’un lavabo avec de l’eau chaude", précise Hélène Tonetti, responsable développement Sud-Est des Bureaux du Cœur. Quant aux obligations légales, il y en a très peu : "Si l’entreprise est locataire, on lui conseille de prévenir le bailleur mais elle n’est pas tenue de le faire. Elle doit en revanche faire ajouter une clause dans son contrat d’assurance multirisque. Cela n’entraîne aucun surcoût chez nos partenaires mais ça dépend des assureurs."

"Ça n’a pas nécessité de gros changements. Il ne nous manquait que le meuble pour ranger les affaires, que j’ai vite acheté d’occasion. J’ai aussi fait installer une machine à laver récupérée pour plus de confort."

"Ça n’a pas nécessité de gros changements, résume Hubert d’Avezac de Castera. Il ne nous manquait que le meuble pour ranger les affaires, que j’ai vite acheté d’occasion. J’ai aussi fait installer une machine à laver récupérée pour plus de confort." Car si cet équipement n’est pas exigé, il simplifie grandement le quotidien de l’invité, qui doit laver le linge que l’entreprise lui fournit.

Chez MTDA, c’est dans un bureau ouvert à tous les salariés en journée que David a pu s’installer. "Mais un lit derrière un paravent, dans un open space, est tout à fait possible", insiste Hélène Tonetti, qui a déjà accompagné trois autres entreprises à Marseille et une à Nice.

Un sondage auprès des salariés

"C’est vraiment une question de volonté, poursuit le dirigeant. J’aurais très bien pu le faire dans nos anciens locaux, plus petits, il y a cinq ans. Même si on n’était alors qu’une TPE. En revanche, il y a une barrière psychologique à casser chez les dirigeants et les équipes. C’est un projet qui a donné lieu à un sondage anonyme en interne." Sur les 34 personnes sollicitées, 27 y ont été favorables et 7 se sont dites neutres.

Un dispositif très encadré

"Mais ce n’est pas évident d’accepter qu’un inconnu vienne s’immiscer dans un espace de vie. C’est là que Les Bureaux du cœur ont été formidables", ajoute le dirigeant.

D’abord parce qu’ils n’intègrent dans ce dispositif que des personnes installées en France légalement et en situation de retour à l’emploi, suivies par des structures d’insertion ou des associations, comme le Secours Catholique dans le cas de David. Ensuite, parce qu’ils encadrent l’accueil par une convention qu’ils signent avec l’invité, l’entreprise et l’accompagnant, qui gère le moindre problème avec la personne hébergée. "Nous ne sommes qu’un tiers facilitateur", apprécie le chef d’entreprise.

Une expérience fédératrice pour les équipes

"Chez nous, il n’y a par ailleurs pas de gros dispositif de sécurité, ça n’a donc pas été compliqué de gérer l’accès aux locaux. Il était convenu qu’il devait être parti à 8 heures, pour qu’il y ait une période de chevauchement avec les salariés, le temps par exemple de prendre un café ensemble, précise Hubert d’Avezac de Castera. Et le soir, il pouvait revenir à partir de 17 heures. Certains prenaient vraiment le temps d’échanger avec lui." Une collaboratrice a pris soin de l’accueillir avec un petit mot sur la porte du bureau qui lui était réservé. Et David est reparti avec des cadeaux d’au revoir. "Plusieurs salariés sont très fiers de cette action très concrète, assure-t-il. C’est un élément fédérateur."

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