On appelle cela du marketing territorial. Ou comment promouvoir et améliorer l’image d’un territoire pour en favoriser le développement économique. Le cas échéant, la Côte d’Azur. Car si ce petit bout de France accueillait en 2023, plus de 11 millions de visiteurs venus du monde entier, il doit sans cesse séduire.
3 millions d’euros générés
Côte d’Azur France Tourisme (anciennement CRT Côte d’Azur) avait créé la marque Côte d’Azur France au printemps 2018. "Elle est la première destination en France à avoir lancé cette démarche marketing innovante, en s'associant avec des entreprises de son territoire", fait valoir sa présidente, Alexandra Borchio-Fontimp.
Désormais, 16 entreprises en portent les couleurs au travers de certains de leurs produits. Du limoncello et de la confiture au citron de Menton IGP de la Maison Gannac, du vin de Bellet, en série limitée et agriculture biologique, du Domaine de la Source (7 hectares dans les collines niçoises), des bougies au jasmin, à la fleur d’oranger ou au mimosa spécialement développées par le Varois Aqui d’Aïa (la Côte d’Azur s’étend de Menton à Saint-Tropez : si ces articles viennent tout juste d'enrichir la collection, ils sont plus de 450 000 à s'être vendus depuis le lancement de l'opération, générant plus de 3 millions d'euros de chiffre d'affaires
Entre logique et fierté
Ainsi associées en toutes lettres à leur territoire, les entreprises licenciées bénéficient d’une visibilité supplémentaire. Mais pour beaucoup, la démarche est aussi simplement aussi "logique", qu'"évidente". "Il y a un sens incroyable dans cette collaboration", selon Luc Salsedo, cofondateur et dirigeant de Socca Chips.
Dirigeant associé de la Brasserie du Comté (21 salariés, CA : 2,3 M€), Edwards Dilly souligne "la fierté de représenter ce label", mais aussi un sentiment de "reconnaissance". Pour sa collection spéciale Côte d’Azur France, l’entreprise implantée à Saint-Martin-Vésubie a mis sa limonade bio en canettes. Celles-ci seront distribuées auprès des restaurateurs et hôteliers, mais sans doute aussi en grandes et moyennes surfaces. "Nous avons trouvé en Allemagne un imprimeur qui nous permet d’avoir des canettes imprimées, sans avoir besoin d’en faire 150 000 d’un coup, ce qui est normalement le minimum industriel, précise-t-il. Cela coûte évidemment un peu plus cher, mais il y a une qualité visuelle incomparable. Et cela permet en plus un recyclage à 100 %, ce qui n’est pas forcément le cas quand il y a une étiquette collée dessus."
Ancrage territorial
Marque emblématique de ce made in Riviera, le parfumeur Fragonard fait partie des entreprises licenciées de la première heure. "Nous avions vraiment trouvé l’idée charmante, explique Anne Meslier de Rocan, directrice des ventes B to B. La quatrième génération est à la tête de la maison Fragonard qui fêtera ses 100 ans d’existence en 2026. Il s’agit pour nous de faire valoir notre ancrage sur le territoire, à Grasse et sur la Côte d’Azur. Et puis c’est une mise en valeur de nos savoir-faire, à la fois dans la parfumerie et dans le domaine touristique puisque nous sommes une des premières entreprises de tourisme industriel en France." Fragonard compte 3 usines et 27 boutiques dont 10 sur la Côte d'Azur.