Pour sa cinquième convention d’affaires, la Place Business de la CCI Nice Côte d’Azur a transformé le 22 janvier le Palais des congrès Antipolis d’Antibes en un vaste speed dating dédié au tourisme d’affaires et de loisir. Un événement majeur quand on sait que le segment Mice — Meetings (réunions), Incentive (séminaires), Conférences (congrès) et Exhibitions (évènements) — pèse plus de trois milliards d’euros par an en retombées économiques en région Sud.
"On a tous les atouts, mais on doit rester dans l’air du temps et avoir une vision à long terme, souligne Charles Galbois, vice-président de la CCI azuréenne, en charge du tourisme. Et surtout, on doit le faire savoir !"
"Un équilibre à trouver" entre business et networking
Dans ce speed dating d’un autre genre, il ne s’agissait pas bien sûr de trouver l’âme sœur, néanmoins les entreprises azuréennes "offreuses de solution" étaient là pour faire des rencontres et séduire de potentiels clients.
Parmi ces donneurs d’ordre locaux, Amadeus (4 200 collaborateurs dans les Alpes-Maritimes), leader mondial technologique du secteur du voyage, basé à Sophia Antipolis, était présent. Sa responsable Mice y participait pour la deuxième fois. "Dans le cadre des stratégies de marketing et développement commercial, nous sommes tenus d’organiser des événements pour nos clients, que ce soit pour faire de l’acquisition, de la fidélisation, pour des lancements de produits, explique Julie Ben Zaquin qui organise des événements, séminaires et autres réunions doublées de déjeuners, dîner de gala et animations en tout genre, de la Côte d’Azur jusqu’à Francfort, Marrakech ou Dubaï.
"Il y a un équilibre à trouver entre les sessions éducatives et purement business, et le temps de networking, car c’est souvent dans ces moments que des contrats sont signés, plus que dans les salles de conférences." D’où l’importance de dénicher de nouveaux prestataires pour renouveler constamment son offre.
Renouveler l’offre
Comme le groupe de BTP Audemard ou le laboratoire de compléments alimentaires Arkopharma, le Crédit Agricole Provence Côte d’Azur (1 million de clients, 2 800 collaborateurs, PNB : 554 M€) est aussi venu enchaîner les rendez-vous (900 au total pour l’ensemble des entreprises sur l’après-midi de la convention d’affaires). "Comme toute PME du territoire, nous avons besoin d’identifier des prestataires pour les événements que nous organisons pour nos clients. On vient chercher des idées, des solutions, car on a besoin de se réinventer très souvent, résume Jean-François Richardoz, responsable Expertise et Animation des marchés professionnels au sein de la banque régionale. Nous avons par ailleurs une capacité de caisse de résonance pour ceux qui viennent travailler avec nous. On le fait savoir, on les référence, on les labellise et leur permet d’avoir une audience augmentée. Et quand notre territoire se porte bien, nous nous portons bien !"
Quand le critère RSE devient un atout
Nouveauté de cette édition, des donneurs d’ordre parisiens étaient également présents pour rencontrer les professionnels maralpins, emmenés par la SNCF. Parmi eux, Anne-Françoise Bonhomme d’IME Groupe (40 collaborateurs), courtier de l’événementiel pour des entreprises, des TPE à celles du CAC 40.
Pour ses clients, "l’accessibilité reste un critère de recherche très important, notamment par rapport à la RSE, analyse la responsable relation clients et fournisseurs. Ça fait plus de 30 ans que je suis dans le secteur et c’est vrai que la Côte d’Azur est une destination que je vendais beaucoup plus par le passé. Mais venir en train m’a permis de découvrir justement qu’on peut commencer, dès le début du voyage, par un team building ou un séminaire, ou un atelier, comme nous l’avons fait avec la maison Gallimard autour du parfum. Ce temps peut être un atout finalement. En tout cas, c’est une destination que nous allons vendre autrement."
Un voyage en train, privé et premium
Être – littéralement – à l’autre bout de la France, à presque 6 heures de train de Paris ne serait donc plus un inconvénient pour le tourisme d’affaires ? C’est en tout cas ce à quoi s’attelle la SNCF avec ses offres permettant de privatiser des wagons, en sortant les nappes pour des repas gastronomiques, prévoyant des hôtesses d’accueil dédiées en gare ou des autocars prêts à démarrer dès l’arrivée, vers différents lieux de visites programmés.
"Il y a encore 5 ou 6 ans, sur des longues destinations, on privilégiait l’avion. Mais les choses ont évolué et les clients sont en demande de transports décarbonés, assure Véronique de Wiest, chargée de développement MICE chez SNCF Voyageurs. Et puis la Côte d’Azur est une destination qui s’est vraiment développée depuis le Covid. Tout s’est amélioré : l’offre hôtelière, les palais des congrès, l’offre de restauration… Cela ouvre des perspectives."
Des opportunités déjà saisies par le gouvernement monégasque avec qui travaille SNCF Voyageurs depuis deux ans, privatisant des TGV entiers afin d’acheminer directement des professionnels et congressistes parisiens jusqu’à Monaco et au Forum Grimaldi.