Saint-Malo
"Il fallait recapitaliser l’entreprise pour poursuivre notre croissance"
Interview Saint-Malo # Restauration # Capital

Bertrand Larcher président fondateur du groupe Breizh Café "Il fallait recapitaliser l’entreprise pour poursuivre notre croissance"

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Actionnaire de la société malouine Breizh Café SAS (400 collaborateurs, entre 20 M€ et 30 M€ de CA) depuis dix ans, la famille Pinault prend le contrôle majoritaire de l’entreprise qui compte une vingtaine de crêperies haut de gamme. L’objectif est de développer la marque Breizh Café à l’international. Bertrand Larcher continuera de développer le réseau ainsi que l’écosystème Breizh Café riche de nombreux actifs. Il nous détaille ses projets.

Bertrand Larcher, président du groupe de restaurants Breizh Café. La famille Pinault, via sa holding Artemis, devient actionnaire majoritaire de la SAS qui pilote le développement du réseau — Photo : Baptiste Coupin

Bertrand Larcher, confirmez-vous la réorganisation de capital au sein de la SAS Breizh Café (400 collaborateurs, 24 enseignes, entre 20 M€ et 30 M€ de CA), avec la prise de participation majoritaire de la famille Pinault ?

Oui. Cela fait déjà dix ans que nous sommes partenaires avec la famille Pinault. Nous avions créé une société ensemble pour développer Breizh Café. Aujourd’hui, cette opération se finalise : la famille Pinault devient majoritaire et moi je deviens minoritaire au capital de la SAS. En revanche, je reste président de Breizh Café SAS et je continuerai de piloter le développement avec notre directeur général, Sergueï Dutko.

À quoi cette réorganisation répond-elle ?

Nous sommes arrivés à une nouvelle étape de notre développement. Depuis dix ans, nous avons structuré l’entreprise, recruté un directeur général, constitué une équipe RH, un directeur financier… Tout cela demande des moyens importants. Il fallait recapitaliser l’entreprise pour poursuivre notre croissance. Nous avons aujourd’hui une belle maturité et nous souhaitons accélérer.

Que va permettre concrètement cette recapitalisation ?

La famille Pinault a injecté plusieurs millions d’euros dans le projet (via sa holding Artemis, NDLR). Je ne peux pas communiquer davantage sur les montants, mais cette opération va nous permettre d’accélérer notre développement, en France comme à l’international. Nous sommes également accompagnés par la Caisse d’Épargne Bretagne Pays de la Loire, qui finance une partie de nos futurs projets. C’est un partenaire qui croit vraiment au développement de Breizh Café.

"Cette opération va nous permettre d’accélérer notre développement, en France comme à l’international."

L’international devient-il désormais votre priorité ?

Oui. Nous sommes présents au Japon depuis trente ans et cette expérience nous donne une vraie légitimité. Nous avons réussi à y faire rayonner une partie de la culture gastronomique française. C’est une vraie fierté. Aujourd’hui, nous avons encore une clientèle très fidèle là-bas et cela nous encourage à poursuivre notre développement.

Bertrand Larcher, ici en cuisine, est devenu un ambassadeur de la gastronomie bretonne à l’international — Photo : Baptiste Coupin

La prochaine étape sera-t-elle Londres ?

Exactement. Nous avons recruté notre directeur général et nous recherchons actuellement un emplacement premium pour accueillir notre crêperie contemporaine. Le projet est prévu entre la fin de l’année et le début 2027.

Vous parlez souvent d’une crêperie "contemporaine" plutôt que "haut de gamme". Pourquoi cette nuance ?

Parce que je n’aime pas cette expression. Nous faisons attention au cadre, aux matériaux, aux produits que nous sélectionnons, à tous les détails, mais nous voulons rester accessibles. Ce n’est pas du bling-bling. J’aime la sobriété. Si je devais employer un qualificatif, je parlerais plutôt d’une crêperie contemporaine, élégante et authentique.

D’autres ouvertures sont-elles programmées, ailleurs à l’international ?

Oui, nous regardons d’autres marchés européens comme la Belgique, l’Allemagne ou encore la Suisse. En attendant, le réseau va continuer de grossir en France. Nous ouvrirons prochainement à Strasbourg, Paris, dans le quartier Opéra, Levallois-Perret ou encore à Annecy.

En parallèle de Breizh Café, vous poursuivez également vos autres projets…

Oui, je vais continuer à développer tout notre écosystème.

L’école l’Atelier de la crêpe, à Saint-Malo, constitue un des actifs clés de l’écosystème Breizh Café construit depuis trente ans — Photo : Breizh Café

Il y a l’école l’Atelier de la Crêpe à Saint-Malo, qui forme nos futurs crêpiers, l’épicerie Maison du Sarrasin, la ferme pédagogique de Saint-Coulomb (près de Cancale, NDLR), que nous allons étoffer avec de nouveaux produits, un futur bureau de recherche et d’innovation à Saint-Malo, ainsi que la rénovation de l’hôtel-restaurant Otonali. Tous ces projets participent au même objectif : transmettre notre savoir-faire et accompagner durablement le développement de Breizh Café.

"Nous avons construit une véritable communauté de clients fidèles partout dans le monde."

Breizh Café fête ses trente ans cette année. Quel regard portez-vous sur ce parcours ?

J’ai ouvert ma première crêperie le 25 septembre 1996 au Japon (un concept réimporté par la suite en Bretagne, en 2004, sous la marque Breizh Café, NDLR). Trente ans plus tard, nous sommes toujours aussi désirables au Japon, ce qui est très rassurant. Nous avons construit une véritable communauté de clients fidèles partout dans le monde. Beaucoup sont des expatriés français ou travaillent dans les grandes maisons de luxe. Cette fidélité nous donne confiance pour la suite.

Comment allez-vous célébrer cet anniversaire ?

Nous organiserons un événement avec nos collaborateurs et nos clients, peut-être à l’occasion de la Route du Rhum (dont le départ est prévu de Saint-Malo, le 1er novembre NDLR). Et surtout, nous le fêterons au Japon, début novembre, avec l’ambassadrice de France, la Chambre de commerce et beaucoup d’amis qui nous accompagnent depuis toutes ces années.

Votre notoriété a même fait venir Eva Longoria (l’actrice américaine à succès connue pour son rôle dans la série Desperate Housewives, NDLR) dans votre ferme pédagogique…

Oui, elle est venue chez nous il y a quelques mois ans le cadre du tournage de son émission " Searching for France ". Nous avons été choisis pour présenter la fameuse galette de Bretagne. On a été privilégiés et on est toujours contents de partager notre cuisine à l’international.

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