La hausse récente des prix de l’énergie, provoqués par la guerre au Moyen-Orient, a mis à mal les finances des entreprises par la hausse de leurs coûts d’exploitation et la réduction de leurs marges, tout en révélant leur dépendance aux énergies fossiles. Cette situation les conduit à revoir leurs arbitrages en fonction de l’évolution des coûts énergétiques et influence leur décision de maintenir, d’adapter ou de renoncer à certaines activités lorsque leur rentabilité se dégrade.
Mieux appréhender les enjeux
Dans ce contexte, les entreprises engagées dans une démarche de Bilan Carbone® disposent d’outils pour mieux appréhender ces enjeux. Au-delà de la mesure des émissions de CO2 et de la définition d’un plan de transition, cette démarche permet, en effet, d’analyser la vulnérabilité de l’entreprise, sa dépendance aux énergies fossiles et sa sensibilité aux variations des prix de l’énergie.
Étudier plusieurs scénarios
Lors de la restitution de l’empreinte carbone, un utilitaire d’analyse économique (proposé par l’Association pour la transition Bas Carbone) sert à estimer les effets d’une hausse des prix des hydrocarbures sur l’entreprise en proposant plusieurs scénarios basés sur le profil d’émissions, et en ventilant les impacts financiers par postes (énergie, intrants, fret…). L’entreprise obtient ainsi une première évaluation de sa sensibilité aux variations des prix de l’énergie.
Élaborer une stratégie climat
L’élaboration du plan d’action conduit ensuite l’équipe projet à réfléchir à la stratégie climat de l’entreprise dans un contexte bas carbone. Elle va, pour cela, croiser les forces et les faiblesses internes avec les risques et les opportunités externes, notamment liés à la dépendance aux énergies fossiles et à la variabilité des prix.
Si des solutions de substitution aux énergies fossiles apparaissent, leur intégration dans le plan d’action permet de réduire la dépendance de l’organisation. Dans ce cadre, la prise en compte de scénarios d’évolution des prix de l’énergie peut modifier l’évaluation des projets : un investissement jugé peu favorable dans un contexte de prix stables peut présenter un intérêt différent en intégrant des hypothèses d’augmentation des coûts, comme l’électrification de la flotte de véhicules.
Lorsque les marges de manœuvre sont limitées à court terme, l’organisation peut privilégier des mesures d’adaptation afin d’anticiper les tensions d’approvisionnement et l’inflation énergétique, et ainsi renforcer sa résilience.