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Un tiers des PME et ETI a déjà été affecté par un aléa climatique en France, selon Bpifrance
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Un tiers des PME et ETI a déjà été affecté par un aléa climatique en France, selon Bpifrance

34 % des PME et ETI ont déjà été affectées directement ou indirectement par des événements climatiques exceptionnels, selon une étude de Bpifrance Le Lab. Pour la majorité des dirigeants interrogés, le risque climatique est toutefois perçu comme lointain, indique par ailleurs la banque d’investissement publique. Une enquête difficile à mener avec seulement 380 réponses obtenues sur 65 000 personnes sondées.

Les dirigeants ne considèrent pas le changement climatique comme une source de risque pour leur entreprise, selon une récente enquête menée par Bpifrance — Photo : Suriya - stock.adobe.com - SURIYA

Selon une étude de Bpifrance Le Lab, pas moins de 34 % des PME et ETI ont déjà été affectés directement ou indirectement par des événements climatiques exceptionnels en 2024. Un chiffre en hausse de 4 points par rapport à sa précédente enquête sur le sujet en 2020. L’étude, qui a recueilli la parole de 380 dirigeants sur le sujet, souligne pourtant "un décalage entre la nécessité économique de s’adapter aux effets induits par le réchauffement climatique et le peu d’élan affiché par une grande partie des chefs d’entreprise pour s’en saisir". Une large majorité d’entre eux considère en effet cette problématique comme secondaire.

68 %

Le changement climatique n’est pas perçu comme un risque immédiat par deux tiers des chefs d’entreprise, selon l’enquête de Bpifrance. Un manque d’intérêt pour le sujet, que la banque publique d’investissement a pu percevoir "à travers la difficulté à mener cette enquête, avec un taux de réponse exceptionnellement faible malgré de nombreuses relances auprès des chefs d’entreprise" (380 réponses pour 65 000 sondés, soit un taux de réponse de 0,6 %).

Une majorité s’estime peu exposée aux aléas climatiques

Le changement climatique semble en effet moins prioritaire pour les entreprises que les problématiques de cybersécurité ou les risques de marché. Plus de la moitié des dirigeants considèrent que leur entreprise est "faiblement exposée aux aléas climatiques".

Risques climatiques mal identifiés

"L’exposition d’une PME ou ETI aux risques climatiques dépasse le périmètre direct de l’entreprise", rappelle Bpifrance dans son enquête. Fournisseurs, sous-traitants, clients, ou opérateurs, les vulnérabilités peuvent être multiples, et représenter "autant de menaces indirectes à ne pas négliger", précise la banque d’investissement.

La construction et le tourisme parmi les plus touchés

Pour le moment les secteurs "contraints de travailler à l’extérieur" tels que l’agriculture, la construction et le tourisme, sont les plus touchés par les risques climatiques, tout comme l’industrie et la chimie, "fortement consommateurs de ressources". Cependant, elle relève que "la tendance concerne de plus en plus de régions et de métiers". Sur les 34 % de dirigeants de PME et ETI ayant été affectés par un aléa climatique en 2024, les conséquences effets sur leur approvisionnement pour deux tiers d’entre eux, de dommages opérationnels pour 39 %, et d’impacts sur leur personnel pour 39 % d’entre eux.

Encore peu de plans d’actions pour s’adapter au changement climatique

Seuls 12 % des chefs d’entreprise interrogés ont déjà défini une stratégie et des plans d’actions globales en matière d’adaptation. Ils mettent cependant en place des mesures spécifiques, comme des technologies économes en eau, des aménagements des horaires de travail en fonction des conditions météorologiques, ou encore une rénovation thermique des bâtiments. Autant de mesures ponctuelles efficaces, mais décorrélées d’un plan global.

Dispositifs d’accompagnement insuffisamment connus

Le principal moteur de l’action pour les dirigeants est la conviction, devant la perception d’opportunité, et l’assujettissement à des obligations. Les dirigeants les plus actifs sont ceux qui ont été "interrogés sur leurs pratiques d’adaptation par leurs parties prenantes", comme leurs collaborateurs ou leurs clients, ou qui ont été affectés par un aléa climatique dans le passé. Les dirigeants reconnaissent cependant manquer d’accompagnement sur ce sujet et ne connaissent pas les dispositifs d’accompagnement et de financement possibles.

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