L’augmentation en France du nombre de catastrophes naturelles et d’émeutes urbaines a pour conséquence des coûts records pour les assureurs et réassureurs qui, mécaniquement, durcissent leurs conditions. Cela fait peser une menace sur l’universalité de la couverture assurantielle et la protection des entreprises !
Le rapport Langreney sur l’assurabilité des risques climatiques (Thierry Langreney président de l’association environnementale Ateliers du futur), remis au gouvernement en avril 2024, met en lumière cette tension. En 2023, les émeutes urbaines ont entraîné plusieurs milliards d’euros de dégâts tandis que les catastrophes naturelles sont devenues plus fréquentes et plus destructrices.
Les conséquences directes sont palpables : hausse des primes et des franchises pour les entreprises (surtout dans les zones jugées à risque), limitations voire exclusions de certaines couvertures et exigences faites aux entreprises de justifier désormais d’investissements en sécurité et en résilience pour bénéficier d’une couverture optimale.
Ce phénomène risque d’accentuer la vulnérabilité économique et sociale des territoires les plus fragiles, freinant les investissements et déstabilisant le tissu entrepreneurial local.
Comment préserver l’accès des entreprises à l’assurance ?
Plusieurs leviers existent qui permettent aux entreprises de s’adapter et de limiter l’impact de ces risques sur leur couverture assurantielle :
• Renforcer la prévention et la sécurité avec la mise en place de systèmes de surveillance, d’alarmes et de protections physiques pour réduire les risques et négocier des conditions plus favorables avec son assureur.
• Diversifier ses contrats et ses partenaires en comparant les offres et en étudiant des solutions alternatives comme les captives d’assurance ou les groupements de mutualisation entre entreprises.
• Travailler sur la résilience en anticipant les risques avec des plans de continuité d’activité, en souscrivant à des assurances paramétriques (liées à des indices climatiques) et en envisageant des mesures d’adaptation sur le long terme.
Pour autant, à terme, une action politique et économique plus large est nécessaire pour mutualiser les risques et garantir une protection équitable des territoires. Dans l’idée, cela touchera certainement la réforme des systèmes de réassurance publique pour mieux absorber les chocs, la création de fonds de solidarité pour les zones à risques, l’incitation fiscale à la prévention et à la rénovation des infrastructures vulnérables.