L’office public d’habitat costarmoricain Terres d’Armor Habitat (280 salariés, CA de 91 M€) va très fortement augmenter son budget d’investissement en 2026. Il sera de 100 millions d’euros cette année contre 65 millions d’euros en 2022 et 67 millions d’euros en 2025. Cette montée en puissance, qui sera pérenne puisque le seuil de 100 millions d’euros devrait être atteint les années suivantes également, permettra d’augmenter sensiblement la production de logements neufs, auxquels 54,7 millions d’euros seront consacrés en 2026 et 62 millions d’euros en 2027. Le reste du budget étant consacré à l’entretien et à la rénovation des bâtiments existants.
Plus de 500 livraisons de logements neufs en 2027
En anticipation, 348 agréments ont été obtenus en 2025, alors qu’ils étaient 247 en 2022. En 2026, on comptera 346 agréments et 330 en 2027. Là où la différence se fera le plus, ce sera au niveau des livraisons de logements neufs. Ainsi, 131 logements neufs ont été livrés en 2022, 171 en 2025. L’année 2026 n’en verra "que" 158, du fait du décalage de temps entre les agréments et la fin de la construction, ces livraisons de logements neufs devraient s’élever à 524 en 2027, première année où l’effet de cette hausse des investissements se fera pleinement sentir.
Les collectivités mobilisées
Comment Terres d’Armor Habitat va-t-il financer cette montée en charge ? Le premier levier se situe du côté des collectivités. "Avant 2022, certaines participaient au financement de l’habitat social, d’autres non, explique Gaëlle Routier, présidente de Terres d’Armor Habitat. Nous avons été les voir afin qu’elles augmentent leurs plans d’aide pour l’habitat social et le Département a décidé de consacrer une enveloppe de 2,5 millions d’euros par an, pour Terres d’Armor Habitat, des sommes qui abondent les participations des collectivités, avec un effet levier de 10 %."
Un plan de vente de logements sur 10 ans
D’autre part, le bailleur costarmoricain va lancer trois nouvelles activités. "Nous avons lancé un plan de vente sur dix ans de nos HLM, à hauteur de 90 ventes par an, annonce Jean-Denis Mège, DG. Elles vont générer environ 40 % de nos besoins de fonds propres." Jusqu’à présent, ces ventes ne se faisaient qu’à hauteur de quelques unités par an, à la demande des locataires.
Les deux autres leviers sont la construction de logements intermédiaires, avec des loyers plus élevés (8,50 euros le mètre carré contre 6 euros en HLM), pour les locataires se situant juste au-dessus des critères du loyer modéré. Ces opérations se situeront en zone tendue.
Le bail réel solidaire comme facilitateur
Enfin, Terres d’Armor Habitat va développer l’accession à la propriété, après avoir obtenu l’agrément d’Office foncier solidaire (OFS). Ce dispositif permet de vendre le logement sous la forme d’un bail réel solidaire de 70 à 99 ans où l’OFS reste propriétaire du terrain et l’accédant achète uniquement le bâti, ce qui lui permet de bénéficier d’un prix décoté par rapport au marché. Une première étape avant des ventes en location-accession puis en accession classique (promotion immobilière).
Malgré cette montée en charge des constructions, la demande en logements sociaux restera bien supérieure à l’offre. On estime à 14 000 le nombre de demandeurs dans les Côtes-d’Armor et 2 200 sont attribués chaque année en moyenne par les six bailleurs sociaux du département. Terres d’Armor Habitat représente 70 % de ce marché costarmoricain.
Des rachats d’opérations aux promoteurs
Pour augmenter son offre, Terres d’Armor Habitat apporte aussi un soutien très concret aux promoteurs et plus largement aux acteurs du bâtiment. "Nous rachetons des opérations aux promoteurs quand il y a un échec dans la commercialisation au moment du permis de construire, confie Gaëlle Routier. Ces rachats ont connu un pic en 2025 et représentent en moyenne 40 % de nos constructions neuves ces dernières années. Nous obtenons par cette voie des prix plus bas que lorsque nous sommes en maîtrise d’ouvrage directe."