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Absentéisme : un défi structurel pour les DRH
Avis d'expert Auvergne Rhône-Alpes # Gestion

Absentéisme : un défi structurel pour les DRH

Le taux d’absentéisme en entreprise atteint 4,8 % en 2025, en hausse de 50 % depuis 2019. Or, l’absentéisme reste le défi majeur des organisations, tant par son coût que par son impact sur la performance collective. Les arrêts longs, bien que moins fréquents, concentrent désormais l’essentiel du phénomène et pèsent majoritairement dans le taux global.

Christian BELVAL, Directeur général chez APRIL Entreprise — Photo : DR

En matière d’absentéisme en entreprise un changement structurel se confirme : le phénomène ne se limite plus aux populations historiquement exposées. Les jeunes salariés de moins de 30 ans se distinguent désormais à la fois par une forte progression du nombre d’arrêts de travail très courts et par une hausse marquée des arrêts longs (+ 10 %), selon l’observatoire de la vie en entreprise Datascope AXA 2026.

Autre signal fort : les hommes, cadres, âgés de 30 à 45 ans, voient leur absentéisme bondir de 16 %, tiré par une explosion des arrêts de plus de 6 mois (+ 38 %). Fait inédit, la durée moyenne de leurs arrêts dépasse désormais celle des non-cadres.

La santé mentale en point de mire

Ces évolutions convergent vers une cause dominante : la santé mentale. Elle représente désormais 38 % des arrêts longs et devient la première pathologie concernée. L’âge moyen de survenance de troubles psychologiques continue de diminuer (40 ans en 2025 contre 43,3 ans en 2019), traduisant une fragilisation plus précoce des actifs. Pression professionnelle, précarité des parcours, transformations du travail : autant de facteurs explicatifs qui invitent à dépasser une lecture uniquement individuelle du phénomène.

Des leviers d’action à structurer

Pour lutter contre cet absentéisme, les entreprises peuvent actionner plusieurs leviers. D’abord, agir dès l’intégration de leurs collaborateurs : les premières années dans l’entreprise sont décisives pour installer des repères durables et prévenir les absences répétées.

Ensuite, porter une attention particulière aux cadres en milieu de carrière. Souvent très engagés, ils sont aussi davantage exposés à des risques moins visibles — surcharge, usure professionnelle, déséquilibre vie pro vie perso — qui peuvent se traduire par des arrêts prolongés s’ils ne sont pas détectés à temps.

Autre moment clé : le retour au travail après un arrêt long. Les organisations les plus avancées ne le subissent pas, elles l’anticipent avec un maintien du lien pendant l’arrêt, la préparation du retour, l’aménagement du poste. Ces actions permettent de sécuriser la reprise et de limiter les rechutes.

Vers une approche plus systémique

Enfin, les entreprises qui parviennent à mieux maîtriser l’absentéisme ont un point commun : elles pilotent le sujet dans la durée. Appui sur la donnée, suivi d’indicateurs clés, dialogue avec les partenaires sociaux… Cette approche structurée permet d’objectiver les risques, de cibler les actions et d’inscrire les résultats dans le temps.

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