Nationalisation d’ArcelorMittal France : le groupe réplique et met en avant sa stratégie d’investissement
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Nationalisation d’ArcelorMittal France : le groupe réplique et met en avant sa stratégie d’investissement

À la suite d’un vote à l’Assemblée nationale ouvrant la voie à une potentielle nationalisation de ses activités françaises, jeudi 11 juin 2026, le géant de l’acier ArcelorMittal a fermement réagi. Dans une déclaration officielle, la direction qualifie ce projet de "fausse solution" et rappelle son ancrage industriel en France, soutenu par un plan d’investissement de plusieurs milliards d’euros.

Le groupe ArcelorMittal emploie plus de 15 000 salariés en France — Photo : Jean-François Michel

Nationaliser les activités françaises du géant de la sidérurgie ArcelorMittal ? Les députés ont voté une nouvelle fois pour, jeudi 11 juin 2026. De son côté, le groupe aux 61,4 milliards de dollars de chiffre d’affaires a pris acte dans un communiqué se voulant très pragmatique.

ArcelorMittal, qui emploie un total de 125 000 salariés, dont 15 350 en France, tient à tempérer l’impact immédiat du vote des députés, rappelant une réalité technique du calendrier législatif : le texte voté n’est pas définitif. Pour aboutir, il doit poursuivre la navette parlementaire entre l’Assemblée nationale et le Sénat. Concrètement, pas d’adoption tant que le texte ne sera "pas voté en termes identiques par les deux chambres", précise la communication du groupe, contredisant certaines interprétations médiatiques prématurées.

Des usines françaises qui livrent les autres entités du groupe

Sur le fond, la position du sidérurgiste reste inchangée. Une nationalisation d’ArcelorMittal France provoquerait, selon la direction, une rupture destructrice de valeur en isolant les usines françaises du reste des activités mondiales. "Sans les clients en Europe, sans les autres sociétés d’ArcelorMittal à qui nous livrons notre acier, nos sites seraient en bien plus mauvaise posture", estime le groupe.

Des mesures européennes qui ouvrent des perspectives

Pour démontrer son engagement sur le territoire français, ArcelorMittal met en avant une somme d’investissement massive, favorisée par des mesures visant à défendre la production d’acier de l’Union européenne, avec la mise en place du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières et les quotas tarifaires sur les importations d’acier.

"Ces mesures contribuent à redonner enfin des perspectives à l’ensemble des producteurs d’acier européens", estime la communication du groupe ArcelorMittal.

Des investissements en milliards d’euros

Le 10 février dernier, le groupe a confirmé un investissement majeur de 1,3 milliard d’euros à Dunkerque pour la construction d’un four électrique. Prévu pour 2029, ce site produira un acier émettant trois fois moins de CO2. Entre 2020 et 2025, ArcelorMittal revendique 1,7 milliard d’euros injectés dans l’Hexagone : 500 millions d’euros pour une nouvelle unité de production d’aciers électriques à Mardyck dans le Nord, 300 millions d’euros de travaux de rénovation à Dunkerque et à Fos, l’installation d’un four poche à Fos-sur-Mer pour 76 millions d’euros et la mise en service d’une coulée continue verticale au Creusot (Saône-et-Loire), pour 52 millions d’euros.

En s’appuyant sur ces chiffres et sur la puissance financière d’un groupe mondial bénéficiaire, la direction réaffirme son intention de maintenir durablement sa production d’acier en France, coupant court aux velléités de reprise en main par l’État.

Le groupe possède 40 sites de production en France, dont des usines à Dunkerque, Mardyck (Nord), Desvres (Pas-de-Calais), Montataire (Oise), Florange (Moselle), Mouzon (Ardennes), Basse-Indre (Loire-Atlantique), Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône) et Saint-Chély d'Apcher (Lozère).

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