Le groupe industriel landais Europlasma (environ 700 salariés) a publié le 11 juin ses résultats annuels pour 2025. Ils font état d’un chiffre d’affaires de 70,4 millions d’euros, en hausse de 27,9 millions d’euros, "porté par la demande dans la Défense et le ferroviaire". Cette hausse est notamment due au rachat de la Fonderie de Bretagne (10,8 M€) et à l’accélération de la production aux Forges de Tarbes (19,8 M€ de CA, + 37,5 %), qui fabriquent des corps creux d’obus.
2,5 millions d’euros investis en 2022
Europlasma informe surtout le marché de l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire pour sa filiale iséroise Satma Industries, créée suite au rachat de Satma PPC, basé à Goncelin, en mars 2022. Satma, qui fabriquait des anodes en aluminium pour les condensateurs électrolytiques, avait déjà été placé en redressement judiciaire en janvier 2021 et avait retrouvé le chemin de la rentabilité (avec un Ebitda positif de 943 000 euros en 2022) avant de replonger les années suivantes (- 3,2 M€ d’Ebitda en 2024). Europlasma y avait notamment investi 2,5 millions d’euros en 2022. La période d’observation de la procédure de redressement s’étale jusqu’au 1er décembre 2026.
Une autre de ses filiales, FP Industries, basée à Saint-Pierre-des-Corps (Indre-et-Loire), a été placée en liquidation judiciaire le 9 juin dernier par le tribunal de commerce de Tours. Spécialisée dans le désamiantage et la gestion des pollutions industrielles, la société est liquidée "suite à l’expiration du certificat AFNOR permettant d’exploiter l’activité de retrait d’amiante", précise Europlasma.
Un résultat net qui se creuse, une cession en attente
Côté résultats, l’Ebitda du groupe industriel landais ressort en recul à 19,8 millions d’euros (contre -13,5 M€ en 2024), "pénalisé par des contraintes opérationnelles et des charges d’exploitation en hausse".
Son résultat net, lui, ressort en négatif à -35,5 millions d'euros contre -15,2 millions d'euros en 2024. La perte est "partiellement compensée" par des augmentations de capital opérées via des OCABSA (obligations convertibles en action, associées à des bons de souscription), méthode récemment dénoncée par une commission d’enquête à l’Assemblée nationale sur le sujet. il est indiqué que ces opérations constituent "la principale source de financement du groupe et assurent une part prépondérante de ses flux de trésorerie".
Le groupe, qui entend toujours céder son pôle Défense, assure que l’exercice en cours devrait être en croissance. La période de négociation pour ce rachat prévu d’environ 150 millions d’euros est prolongée jusqu’au 25 juin 2026.