La Fonderie de Bretagne est reprise par le groupe landais Europlasma et va fabriquer des corps creux d'obus
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La Fonderie de Bretagne est reprise par le groupe landais Europlasma et va fabriquer des corps creux d'obus

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Europlasma reprend la Fonderie de Bretagne, avec 266 salariés conservés et un investissement de 15 millions d’euros. L’usine morbihannaise, ex-filiale de Renault, se reconvertit dans la défense, avec la production de corps creux d'obus dès 2025. Une relance saluée par les élus bretons.

Jérôme Garnache-Creuillot est le PDG du groupe Europlasma, repreneur de La Fonderie de Bretagne — Photo : Europlasma

Europlasma (42,5 M€ de CA en 2024) reprend la Fonderie de Bretagne (15 M€ de CA). Ainsi en a décidé le tribunal de commerce de Rennes le vendredi 25 avril. Le groupe landais, aux activités diverses, notamment sur la décarbonation et le traitement de déchets dangereux, est le nouveau propriétaire de l’usine morbihannaise, ancienne filiale de Renault, qui avait été placée en redressement judiciaire en début d’année. Le projet de reprise d’Europlasma porte sur un pivotement de l’activité de l’automobile vers la défense ainsi que d’autres diversifications. 266 sur 286 salariés seront repris.

Fabrication d’obus

Le PDG d’Europlasma, Jérôme Garnache-Creuillot, a précisé vouloir investir 15 millions d’euros dans l’outil de production. Le site lorientais se prépare donc à fabriquer des obus. "250 000 obus seront produits dès cette année en Bretagne, a chiffré le dirigeant d’Europlasma. Ce sera 500 000 l’année prochaine." Le groupe landais a déjà amorcé son virage vers le secteur militaire en rachetant, il y a quatre ans, les Forges de Tarbes, une entreprise spécialisée dans la fabrication de corps creux. De même, il y a un an, il a repris l’usine de Valdunes (Nord), dernier fabricant français de roues ferroviaires, désormais reconvertie dans la production de corps creux d'obus.

Soulagement et vigilance pour les élus bretons

"Cette nouvelle étape marque un tournant majeur dans les activités de la fonderie et sa participation à l’effort national de défense", réagit Fabrice Loher, président de Lorient Agglomération et maire de Lorient. "Avec cette continuité industrielle, mes premières pensées vont aux salariés et à leurs familles, qui vivent depuis de nombreux mois dans une forme d’angoisse quant à leur avenir. Cette reprise est avant tout une reconnaissance de leurs savoir-faire, et elle démontre que la Bretagne est une terre d’industrie, pleinement engagée dans la souveraineté de la France et de l’Europe", complète Loïg Chesnais-Girard, président de la Région Bretagne.

La poursuite des activités de la Fonderie de Bretagne est aussi une victoire des collectivités bretonnes, qui se sont fortement mobilisées pour s’assurer que la fonderie ait un avenir. Quatre mois en arrière, au moment où Renault refusait de s’engager sur des volumes de commandes jusqu’en 2028, la liquidation de l’entreprise était quasiment actée.

Toutefois, face à l'histoire chahutée de la fonderie qui a connu plusieurs actionnaires, les élus se veulent prudents. "Je vais m'assurer personnellement du bon déroulement de cette reprise par le Groupe Europlasma ", prévient Fabrice Loher. Des points de vigilance sont aussi pointés . "La diversification déjà engagée sera poursuivie pour sortir du modèle mortifère du client unique. Je me réjouis aujourd'hui pour tous les salariés qui vivent trop régulièrement depuis mai 2020 des moments difficiles", rappelle Fabrice Vély, maire de Caudan où est implantée la fonderie.

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