Europlasma se déclare candidat à la reprise de trois sites de Novasco
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Europlasma se déclare candidat à la reprise de trois sites de Novasco

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Le groupe landais Europlasma s'est positionné le 11 septembre pour la reprise de trois sites du groupe métallurgiste mosellan Novasco, en redressement judiciaire depuis le 11 août. Il affirme aussi se laisser la possibilité d'élargir son offre au site principal de Novasco, basé à Hagondange (Moselle). La décision du tribunal judiciaire de Strasbourg est attendue pour le 25 septembre.

Le site de Novasco à Hagondage (Moselle) pourrait lui aussi être repris par Europlasma — Photo : Ascométal

Le groupe industriel landais Europlasma (42,5 M€ de CA en 2024) a annoncé le 11 septembre avoir déposé une offre de reprise en plan de cession de trois des quatre sites du métallurgiste mosellan Novasco auprès du tribunal judiciaire de Strasbourg. Il s'agit de l'usine des Dunes à Leffrinckoucke, près de Dunkerque (Nord), de l'usine du marais à Saint-Étienne (Loire) et de l'usine de Custines en Meurthe-et-Moselle.

"La reprise de ces trois sites permettrait au groupe Europlasma de sécuriser le parachèvement des aciers spéciaux pour ses activités ferroviaires et de défense ainsi que de diminuer sensiblement ses coûts d'approvisionnement", précise-t-il. Il ajoute que le projet de reprise est soutenu "par un aciériste européen de premier rang, qui fournirait l'acier brut avant sa transformation dans les trois sites concernés par la reprise" et par un "client majeur et historique de Novasco".

Deux repreneurs sur les rangs

Le quatrième site de Novasco à Hagondange (Moselle), qui est aussi son siège et usine principale (450 salariés), pourrait aussi être repris par Europlasma, qui déclare "se laisser la possibilité d'élargir le périmètre de la présente offre".

Il affirme "souhaiter réhabiliter le site en centre de production d'énergie renouvelable". "Ce projet reste fortement tributaire de la gestion environnementale du site et ne pourrait s'envisager qu'avec le soutien des autorités de tutelle", termine Europlasma, qui s'était déjà positionné l'an dernier pour une reprise face au fonds d'investissement britannique Greybull d'Ascometal (ancien nom de Novasco).

L'offre d'Europlasma n'est pas la seule sur la table. Selon le média Ici, la société ardennaise Métal Blanc (une cinquantaine de salariés pour 50 M€ de CA en 2023), spécialisée dans le traitement des métaux, aurait aussi déposé une offre pour le site de Leffrinckoucke mais se réserverait le droit d'élargir elle aussi son offre vers une reprise globale.

Des plans perturbés

Novasco, qui emploie au total près de 750 personnes, a été placé en redressement judiciaire le 11 août, un peu plus d'un an après sa reprise - déjà dans le cadre d'un redressement - par Greybull. Depuis la reprise, ce dernier n'aurait versé qu'un euro au capital de l'entreprise, accompagné d'une ligne de trésorerie de 1,5 million d'euros pour faire face aux échéances.

Son plan initial était de repositionner l'entreprise sur la Défense, d'où l'intérêt renouvelé d'Europlasma, dont le chiffre d'affaires a triplé l'an dernier, notamment dopé par les commandes de corps creux d'obus. Le plan en question prévoyait un investissement de 175 millions d'euros sur trois ans, dont 90 apportés directement par le fonds et le reste par un prêt de l'État.

Des retards dans le versement des fonds publics, un accident ayant mis à l'arrêt le site d'Hagondange pendant plusieurs semaines et le recul de Greybull sur ses engagements seraient venus y mettre fin, selon l'intersyndicale, qui redoutait une liquidation judiciaire depuis plusieurs semaines.

L'entreprise s'était déclarée fin juillet en recherche de "financements complémentaires" pour mener son projet à bien. Un projet perturbé par l'accident d'Hagondange, mais aussi "une reprise de la production plus lente qu'espérée, un outil industriel qui a besoin d'être modernisé et une conjoncture toujours en berne", affirmait-elle en juillet dernier.

La décision du tribunal est attendue pour le 25 septembre prochain.

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