À l’occasion de la venue à Toulouse du Premier ministre Sébastien Lecornu, un protocole d’accord relatif au financement de la Ligne Nouvelle du Sud-Ouest (LNSO) a été signé ce 7 mai 2026 entre l’État et les collectivités territoriales partenaires de la Société du Grand Projet du Sud-Ouest (SGPSO), en particulier les Régions Nouvelle-Aquitaine et Occitanie.
"Ce projet est désormais irréversible, a déclaré le chef du gouvernement, et donc son irréversibilité se traduit évidemment par des premières sommes d’argent, pratiquement 500 millions d’euros, qui seront débloquées pour permettre de lancer les procédures d’appel d’offres."
Un territoire trop longtemps écarté de la grande vitesse
Les collectivités rappellent dans un communiqué commun que ce grand projet ferroviaire entre Bordeaux, Toulouse et Dax concerne l’intégralité du schéma de la LNSO, avec les deux branches indissociables de la ligne nouvelle : Bordeaux — Toulouse d’une part, et Bordeaux — Dax, d’autre part, qui s’inscrit dans la continuité du tracé vers l’Espagne et le réseau européen.
Elles insistent également sur le fait que l’accélération du projet doit constituer une priorité de l’État et de SNCF Réseau, s’agissant de connecter un territoire trop longtemps à l’écart de la grande vitesse. Les collectivités précisent en outre qu’elles abondent financièrement ce projet à des niveaux inégalés (à hauteur de 40 %, soit 6 points de plus que la LGV Est, et c’est en milliards d’euros que cela pèse sur le budget des collectivités).
820 millions d’euros engagés
Dès 2026, la signature de ce protocole d’accord se traduira concrètement par des engagements financiers solides et coordonnés de l’État et des collectivités territoriales, permettant de poursuivre les acquisitions foncières, les études, les mesures environnementales et le lancement des procédures de contractualisation des marchés, dans un cadre sécurisé et lisible pour l’ensemble des acteurs.
Au total, 820 millions d’euros seront engagés au cours des années 2026 et 2027, à parité entre l’État et les collectivités territoriales, pour aller jusqu’à l’attribution des marchés de construction. Dans le détail, l’État engagera 410 millions d’euros d’ici 2027 (150 M€ en 2026 et 260 M€ en 2027), les collectivités finançant 260 millions d’euros en 2026 et 150 millions d’euros en 2027, par l’intermédiaire de la SGPSO, afin de s’adapter aux capacités de financement de l’État et assurer les besoins de SNCF Réseau jusqu’à la phase de lancement des contrats de travaux. En parallèle, les parties s’engagent à ce que la procédure d’attribution des contrats soit engagée avant la fin de l’année 2026.
Un mois pour s’accorder sur le montage
Les collectivités réaffirment leur préférence commune pour un montage public en conception réalisation (COREA), meilleur compromis, selon elles, entre une maîtrise rigoureuse des deniers publics et un calendrier cohérent avec les enjeux du territoire. Elles ne veulent pas d’un partenariat public-privé. L’État souhaite néanmoins examiner un éventuel montage alternatif et se prononcera, dans un délai d’un mois maximum, sur le mode de réalisation de la ligne nouvelle.
À cette fin, il est convenu que le coût et l’intérêt comparé des différentes alternatives feront l’objet d’analyses complémentaires permettant une décision dans ce délai. Les collectivités se déclarent prêtes à rencontrer à nouveau le Premier ministre d’ici un mois, afin de concrétiser définitivement les modalités de réalisation et de franchir une nouvelle étape décisive vers la mise en œuvre opérationnelle de la Ligne nouvelle du Sud-Ouest.