Placé en redressement judiciaire par le tribunal de Strasbourg le 11 août 2025, le groupe sidérurgique mosellan NovAsco (750 salariés) verra son sort fixé par la chambre commerciale du tribunal judiciaire de Strasbourg le 31 octobre 2025. Il s’agit du quatrième redressement judiciaire pour l’entreprise mosellane, reprise il y a plus d’un an par le fonds de retournement britannique Greybull, qui n’aurait pas versé les financements prévus dans le plan initial.
À ce stade, plusieurs repreneurs se sont positionnés, mais aucune offre de reprise n’inclut le plus important site de NovAsco, qui emploie près de 450 salariés à Hagondange, en Moselle.
Des repreneurs pour les autres sites
Le groupe industriel landais Europlasma (42,5M€ de CA en 2024) a déposé une offre de reprise en plan de cession pour les sites NovAsco des Dunes, à Leffrinckoucke (Nord), du Marais, à Saint-Etienne (Loire) et de Custines (Meurthe-et-Moselle). D’après une information du Monde, Greybull a également proposé un plan de continuité pour le site de Leffrinckoucke. Une troisième société, l’entreprise ardennaise spécialisée dans le traitement des métaux Métal Blanc (CA 2022 : 50 M€ ; 50 salariés) a aussi déposé une offre pour le site de Leffrinckoucke. Et a annoncé plus récemment finalement ne pas déposer d’offre de reprise pour le site NovAsco d’Hagondange, alors que des rencontres avaient déjà été organisées entre le personnel d’Hagondange et la direction de l’entreprise ardennaise.
Trois raisons principales
Par le biais de son agence de communication, Métal Blanc évoque trois principales raisons à son pas en arrière. Ces dernières sont d’abord économiques : "les dettes auprès des fournisseurs sont très importantes, les sous-traitants sont devenus inexistants, les savoir-faire sont partis, les fournisseurs sont méfiants. Cela exige du temps et un investissement financier énorme", énumère l’entreprise. Deuxièmement, le site nécessite des dépenses énergétiques trop importantes. Enfin, le service des ressources humaines n’est quasiment plus existant, en raison de départs. "Julien Baillon, le dirigeant, reste très interpellé et préoccupé par le fait de laisser partir 450 salariés", rappelle la communication de Métal Blanc.
Une mobilisation régionale
"Le Département de la Moselle suit avec une profonde inquiétude l’évolution de la situation du site NovAsco à Hagondange. […] La fermeture d’un site industriel de cette envergure n’est pas une fatalité et nous refusons qu’elle soit acceptée sans une mobilisation déterminée de l’ensemble des acteurs du territoire", a réagi dans un communiqué de presse Patrick Weiten, président du Département de la Moselle. Qualifiant le dirigeant de Métal Blanc de "beau parleur", la section syndicale CFDT d’Hagondange s’en remet à la décision du tribunal de Strasbourg, "où tout doit être fait et mis en œuvre pour sauver NovAsco, pour trouver une alternative à cette nouvelle fracassante [N.D.L.R. : l’absence d’offre de Métal Blanc pour le site d’Hagondange]".
Une possibilité chez Europlasma
De son côté, Europlasma déclare "se laisser la possibilité d’élargir le périmètre de la présente offre" et pourrait réhabiliter le site d’Hagondange en centre de production d’énergie renouvelable, même si l’entreprise rappelle que "ce projet reste fortement tributaire de la gestion environnementale du site et ne pourrait s’envisager qu’avec le soutien des autorités de tutelle".