L’intersyndicale de l’aciériste NovAsco redoute la liquidation judiciaire
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L’intersyndicale de l’aciériste NovAsco redoute la liquidation judiciaire

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Un an après la reprise de NovAsco par le fonds d’investissement britannique Greybull, la situation est critique au sein du producteur d’aciers spéciaux. 750 emplois sont en jeu, sur quatre sites : Hagondange en Moselle, Dunkerque dans le Nord, Saint-Étienne dans la Loire et Custines en Meurthe-et-Moselle.

La "voie lingot", autrement dit un dispositif pour la fabrication d’obus, devait permettre au site mosellan de NovAsco de se dégager du marché automobile pour s’orienter vers les marchés de la Défense — Photo : NovAsco

Pour l’intersyndicale (CGT, CFDT, CFE-CGC) de NovAsco, c’est le scénario le plus "probable" : "Une mise en redressement judiciaire, suivie — en l’absence de candidat — d’une liquidation judiciaire". Repris il y a tout juste un an par le fonds britannique Greybull, le producteur d’aciers spéciaux NovAsco, qui exploite quatre sites en France, soit Hagondange en Moselle, Dunkerque dans le Nord, Saint-Etienne dans la Loire et Custines en Meurthe-et-Moselle, replonge dans les difficultés.

Depuis la reprise, le fonds de retournement Greybull n’aurait versé qu’un seul euro au capital de l’entreprise, accompagné d’une ligne de trésorerie de 1,5 million d’euros pour faire face aux échéances. "Insuffisant" pour les syndicalistes : le plan initial prévoyait un total de 175 millions d’euros d’investissement sur trois ans, dont 90 millions d’euros apportés par Greybull.

"Le projet visait à créer une filière intégrée entre les deux principaux sites"

L’aciériste, qui emploie un total de 750 salariés dont près de 400 à Hagondange, devait se redresser grâce à un plan reposant sur trois piliers : la modernisation de l’outil industriel, l’élargissement de l’offre commerciale et la reconquête de nouveaux marchés. Parmi les investissements structurants figuraient notamment la création d’une voie sur lingot à Hagondange, autrement dit un dispositif pour la fabrication d’obus, et la réouverture du laminoir de Dunkerque, fermé en 2019.

La voie lingot devait permettre au site mosellan de se dégager du marché automobile pour s’orienter vers les marchés de la Défense en fournissant le site de Dunkerque. "Le projet visait donc à créer une filière intégrée entre les deux principaux sites", décrit l’intersyndicale dans un communiqué, en estimant qu’il y avait un "potentiel de réussite clairement identifié".

Réussite qui s’appuyait sur une aciérie électrique, décarbonée. Un atout pointé par l’intersyndicale, qui rappelle que "l’État ne cesse de proclamer l’importance de sauvegarder l’industrie française, et notamment la filière acier".

Sept semaines d’arrêt suite à un accident

Sur les 175 millions d’euros nécessaires au redressement de NovAsco, 85 millions d’euros devaient être apportés par l’État, sous forme de prêts. Le solde étant injecté par le fonds de redressement Greybull. Ce plan d’investissement a été "gravement perturbé", d’après l’intersyndicale, par trois événements : des retards dans le versement des fonds publics, un accident sur l’aciérie d’Hagondange qui a engendré sept semaines d’arrêt, et le non-respect des engagements financiers du nouveau propriétaire de NovAsco.

Pour les syndicalistes, le fonds Greybull doit "impérativement honorer ses engagements et injecter, sans délai, les 15 millions d’euros promis pour septembre". Un gage de bonne foi ? Car les comptes de l’aciériste ont plongé dans le rouge. Au bord du dépôt de bilan, l’entreprise a entamé les procédures pour trouver un repreneur, sans succès à ce jour. Les signataires du communiqué, soit la CGT, la CFDT et la CFE-CGC, en appelle directement aux pouvoirs publics : "Partie prenante du plan initial, l’État ne peut aujourd’hui se défausser". Contactée, la direction de NovAsco n’a pas donné suite à nos sollicitations.

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