ArcelorMittal (127 000 salariés dans le monde, 62,4 Md€ de CA) se prépare à supprimer des postes, et sans doute en nombre. Le géant indien de l’acier, qui emploie 15 400 personnes en France, réunissait le mercredi 23 avril un CSE exceptionnel.
Selon les informations qui ont filtré auprès de plusieurs médias, l’aciériste serait en passe d’annoncer environ 600 suppressions de postes sur sept de ses sites, dont quatre dans les Hauts-de-France. Les usines nordistes de Dunkerque et Mardyck, de Desvres (Pas-de-Calais) et Montataire (Oise) seraient ainsi concernées. Ainsi que celles de Florange (Moselle), Basse-Indre (Loire-Atlantique), et Mouzon (Ardennes). En tout, ces sites emploient 7 100 salariés.
Un contexte tourmenté
Des décisions de cet ordre étaient redoutées par les salariés de l’aciériste depuis la fin février, et l’annonce par ArcelorMittal de son intention de "délocaliser une partie de ses fonctions support en Inde", au vu de la chute de compétitivité de l’acier européen face à la surproduction chinoise.
Un contexte international tendu qui a déjà scellé le destin des centres de services d’ArcelorMittal à Denain (Nord) et Reims (Champagne), qui emploient 136 personnes et dont la fermeture, annoncée à l’automne dernier, devrait être effective en juin.
Autre signal inquiétant pour les salariés : la décision de l’aciériste d’arrêter, officiellement pour trois mois et dans le cadre d’un plan d’investissement pour maintenance, l’un de ses hauts-fourneaux à Dunkerque, début mars. Les quelque 3 000 salariés du site nordistes avaient déjà été échaudés par la suspension du pharaonique plan de décarbonation d’ArcelorMittal Dunkerque, qui devait se chiffrer à 1,7 milliard d’euros d’investissement. Annoncé en 2022, le plan, qui devait concerner les sites de Dunkerque et Fos-sur-Mer, a été finalement "suspendu" fin 2024. En février, la démission du directeur général d’ArcelorMittal France n’a sans doute pas aidé à apaiser le climat au sein du groupe.
Une mobilisation générale
Derrière cette réduction de voilure, c’est bien sûr le spectre d’un désengagement total de l’aciériste en France, voire en Europe qui plane.
En Pays de la Loire, des élus locaux s’étaient mobilisés dès la mi-avril pour tenter de préserver le site de Basse-Indre, qui emploie 342 personnes. Selon nos confrères de France Bleu, 80 postes devraient être finalement supprimés sur le site, qui voit ses volumes de production baisser depuis quelque temps.
À Florange ou dans le Nord, c’est la CGT qui a pris la tête de la protestation. À Dunkerque, une mobilisation citoyenne est prévue pour la préservation des sites de Dunkerque et Mardyck… qui alimenteraient jusqu’à 10 000 emplois indirects dans le Dunkerquois. "Si nous, on tombe, c’est l’ensemble de l’économie du Dunkerquois, du Calaisis, du Boulonnais, et de l’Audomarois qui tombe. Ce qu’on veut c’est sauver notre industrie", prévenait ainsi le 22 avril, dans une vidéo appelant à la mobilisation, Gaetan Lecocq, le secrétaire général de la CGT ArcelorMittal Dunkerque.