À l’approche des élections municipales, la Fédération des transporteurs routiers (FNTR Nord) entend peser dans le débat. Si la question de la thrombose routière revient régulièrement dans les prises de position économiques, son secrétaire général, Olivier Arrigault, interpelle quant à lui les candidats sur la question de la mobilité des marchandises.
Sortir du tout automobile
Dans le Nord, le constat de la congestion des grands axes routiers régionaux n’est pas nouveau. Le secrétaire général évoque près de 25 ans sans véritable développement d’infrastructures structurantes. "Il y a eu beaucoup de maintenance, mais peu d’extensions", résume-t-il. D’ailleurs, la fédération ne nourrit guère d’illusions sur de grands chantiers à court terme.
Pour les entreprises de transport régionales, le principal enjeu serait ailleurs : éviter que les futurs exécutifs municipaux ne traitent la circulation sous le seul prisme de la circulation automobile. "Remettre à plat un plan de circulation peut être pertinent. Mais si l’on n’intègre pas la logistique urbaine en amont, cela risque de générer de nouveaux blocages", avertit Olivier Arrigault, en référence aux difficultés rencontrées après les précédentes réorganisations à Lille.
Aires de livraison : le quotidien sous tension
Le livre blanc adressé aux candidats met l’accent sur des mesures très opérationnelles pour une meilleure circulation des marchandises. À commencer par le stationnement et les aires de livraison, sujets récurrents dans les centres-villes nordistes de Lille, Valenciennes ou Dunkerque.
Aires insuffisantes, mal dimensionnées ou occupées par d’autres véhicules : les conséquences sont immédiates pour les transporteurs. "Cela génère des arrêts en double file, des tensions avec les riverains, des verbalisations répétées… Ce sont de petites choses, mais quotidiennes. À la fin, cela pèse sur les coûts, sur la qualité de service et sur les conditions de travail des conducteurs ", souligne Olivier Arrigault.
Un enjeu d’attractivité des métiers dans un secteur déjà fragilisé. Mais aussi un enjeu économique pour les commerces indépendants ou centres commerciaux, qui ont besoin d’être correctement approvisionnés. Un point qui pèse lourd dans un contexte où nombre de communes espèrent voir se maintenir leurs commerces de centre-ville.
Anticiper plutôt que subir
Au-delà, la FNTR Nord alerte sur l’adaptation des infrastructures aux projets de développement économique, notamment dans le Dunkerquois, où chaque nouveau projet génère des flux supplémentaires. "Si la planification n’intègre pas les besoins de circulation et de stationnement des poids lourds, on transforme une solution en problème", souligne son secrétaire général.
La fédération plaide aussi pour une politique volontariste en matière de foncier afin d’accueillir stations multi-énergies et parkings sécurisés pour poids lourds, indispensables à la décarbonation et à la qualité de vie des conducteurs.
"Enclencher les discussions" avec les équipes municipales
Avec près de 200 entreprises adhérentes dans le Nord, la FNTR entend désormais "enclencher les discussions" dès l’installation des nouvelles équipes municipales. L’objectif étant que la filière transport ne soit plus perçue comme un point noir de la ville, mais comme un maillon essentiel de son dynamisme économique.