Très attendue, l’annonce est finalement tombée, le 10 février 2026 : ArcelorMittal confirme son intention d’investir 1,3 milliard d’euros sur son site de Dunkerque (Nord), pour y construire un four à arc électrique (EAF). Cet investissement, qui doit permettre à l’aciériste de réduire son empreinte carbone et donc, de pérenniser son activité en Europe, était guetté comme une preuve de son engagement en France, mis en doute par une vague de suppression de postes.
Emmanuel Macron et Roland Lescure, ministre de l’Économie, ont d’ailleurs fait le déplacement jusqu’à Dunkerque pour ce happy end, qui vient mettre un terme à plusieurs mois de négociations ardues, sur fond de menaces de nationalisation.
Une capacité de 2 millions de tonnes
Dès 2029 donc, le site de Dunkerque devrait avoir son four électrique, d’une capacité annuelle de 2 millions de tonnes d’acier, ce qui représente environ un tiers de la production actuelle du site, de 5,5 millions de tonnes par an. Une fois à pleine capacité, il devrait entraîner l’arrêt définitif de l’un des hauts-fourneaux d’Arcelor Dunkerque.
Ce nouveau four permettra de produire de l’acier avec trois fois moins de CO2 par rapport au haut-fourneau (0,6 tonne de CO2 par tonne d’acier avec l’EAF sur la base d’un mix d’acier recyclé, de fer pré-réduit HBI ou DRI, et de fonte), précise un communiqué de l’aciériste.
Son financement sera soutenu par les certificats d’économie d’énergie (CEE), un mécanisme réglementaire encourageant les économies d’énergie et la réduction du CO2, porté par les fournisseurs d’énergie. Le montant du soutien représentera, tout de même, 50 % de cet investissement de 1,3 milliard d’euros, soit 650 millions d’euros.
Cette opération vient s’ajouter aux 500 millions d’euros déjà consentis par ArcelorMittal à Dunkerque, pour y construire une unité de production d’aciers électriques, dédiés à l’industrie de la voiture électrique, inaugurée fin 2025.
Des mesures prises au niveau européen
Pour le groupe, la validation de cet investissement est la conséquence directe des mesures prises au niveau européen pour protéger les acteurs locaux de l’acier face à la concurrence internationale, notamment asiatique. Les avancées sur le dispositif des contingents tarifaires, limitant le volume des importations d’acier et imposant des droits de douane supplémentaires aux importateurs qui dépasseront ces quotas, comme la réforme du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF), étaient les deux signaux réclamés de longue date par ArcelorMittal pour débloquer son projet. Troisième élément déclencheur, la signature, fin décembre, d’un Contrat d’Allocation de Production Nucléaire (CAPN) avec EDF, qui sécurise l’approvisionnement du groupe en électricité bas carbone et compétitive sur le long terme.
D'autres fours électriques pourraient être construits en Europe
" Nous décidons de lancer la construction d’un four électrique sur notre site ArcelorMittal de Dunkerque parce que les conditions sont maintenant en place pour faire de ce projet un succès. Ce four produira à grande échelle de l’acier bas carbone pour nos clients. Les nouveaux contingents tarifaires vont endiguer la vague d’importations déloyales dans l’Union européenne, tandis que le MACF, désormais opérationnel, contribue à rétablir des conditions de concurrence plus équitables pour les producteurs européens", commente, dans un communiqué, Geert van Poelvoorde, dirigeant d’ArcelorMittal Europe. D’autres fours électriques pourraient être construits ailleurs en Europe, fait valoir l’aciériste.