Chez Japet Medical, l’outil industriel s’aligne aux ambitions. Installée à Loos, près de Lille (Nord), la start-up spécialisée dans les exosquelettes motorisés vient d’inaugurer une usine de près de 900 m², dimensionnée pour poursuivre la croissance et lever les freins qui pesaient sur sa production.
Une capacité de production démultipliée
Car ces dernières années, la jeune pousse a fait face à des contraintes de place et de capacité. Avec ce nouveau site, la cadence passe de 30 à 60 exosquelettes produits par mois. La capacité totale de production atteint quant à elle les 120 unités mensuelles, grâce à l’intégration d’une machine de découpe textile laser. "Nos coûts de production ont été divisés par deux", souligne le cofondateur Antoine Noël. L’investissement, d’environ 200 000 euros, a été en partie financé via une campagne de financement participatif, menée sur la plateforme Tudigo en 2024.
Créée en 2016, Japet a d’abord positionné ses exosquelettes sur le secteur médical, complexe à conquérir, avant de trouver des débouchés dans l’industrie, la logistique et l’artisanat. Son exosquelette, qui affiche un prix moyen de 4 700 euros, vise à prévenir les troubles musculosquelettiques (TMS), représentant 80 % des maladies professionnelles en France. Plus de 2 000 équipements ont déjà été déployés.
Cap sur la rentabilité et la diversification
Avec 27 salariés, l’entreprise a réalisé 2,5 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025, portée par une croissance annuelle de 30 %. Elle a d’ailleurs atteint l’équilibre l’année dernière, soit près de 10 ans après sa création. "Nous avons investi 5 millions d’euros avant de générer notre premier euro de chiffre d’affaires", rappelle Antoine Noël, mesurant le chemin parcouru.
Au-delà du volume, cette montée en puissance industrielle accompagne une diversification. Japet lance un exosquelette connecté capable de remonter des données d’usage aux entreprises, via un modèle par abonnement. En parallèle, elle prépare également un retour vers le secteur médical, avec un exosquelette dédié. Des tests clients sont en cours. Cette diversification est encouragée par l’achat spontané d’exosquelettes par une quarantaine de particuliers souffrant de lombalgie.
Une ambition européenne à terme
Se concentrant d’abord sur le marché français, Antoine Noël n’exclut pas, à terme, une nouvelle levée de fonds, en vue de réaliser une acquisition à l’étranger. "Créer un gros acteur européen de l’exosquelette aurait du sens". Un prochain levier de croissance pour cette start-up qui a réalisé 8 % de son activité à l’export en 2025.