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Dans la région Sud, Bpifrance veut intensifier son soutien à l’industrie
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Dans la région Sud, Bpifrance veut intensifier son soutien à l’industrie

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Bpifrance a soutenu quelque 7 000 entreprises de région Sud en 2025 pour 1,9 milliard d’euros. Un accompagnement relativement stable mais que la banque publique d’investissement veut renforcer auprès des industriels de Provence-Alpes-Côte d'Azur, quelle que soit leur taille.

Maison de composition de parfums familiale et indépendante près de Marseille, Technicoflor est accompagnée par Bpifrance notamment pour "muscler sa stratégie" — Photo : D.R.

La banque publique d’investissement l’a dit et répété lors de la présentation de son bilan d’activité 2025 en région Sud : "Bpifrance est la banque de l’industrie", selon les mots de Nicolas Magenties, son directeur régional. Et elle entend bien pousser le curseur encore plus loin. "Si vous me passez l’expression, les vannes sont ouvertes", assure Mathieu Defresne, directeur du réseau Sud Bpifrance.

En conquête

L’an dernier en Provence-Alpes-Côte d'Azur, Bpifrance a soutenu quelque 7 000 entreprises à hauteur de 1,9 milliard d’euros. Un montant qui, par effet de levier, a permis d’atteindre 5,3 milliards d’euros de financement au total. Parmi elles, 531 entreprises industrielles pour un montant de 170 millions d’euros.

En 2025, Bpifrance a financé près de 7 000 entreprises de région Sud pour un montant direct de 1,9 milliard d’euros poussé à 5,3 milliards d’euros grâce à un effet de levier — Photo : Bpifrance

"Lorsqu’on parle d’une conquête massive pour aller démarcher prioritairement ce secteur, cela passe notamment par des produits spécifiques comme des prêts dédiés, qui s’adaptent au temps long notamment", précise Nicolas Magenties. Et par de l’accompagnement via notamment "101 missions de conseil réalisées dans l’année auprès de 70 entreprises industrielles."

Nicolas Magenties est le directeur régional de Bpifrance région Sud — Photo : Bpifrance

"Il y a effectivement un sujet pour nos équipes pour aller encore plus au-devant des dirigeants d’entreprises industrielles, souligne Mathieu Defresne. Ce sont des métiers qui, de façon générale, sont très capitalistiques, et donc qui nécessitent beaucoup d’investissement. Et nous sommes en capacité de les accompagner là-dessus."

70 % à l’export

Bpifrance est aussi très présent auprès de celles qui veulent aller à l’international. "L’export représente 70 % de nos interventions. Que ce soit dans la parfumerie, la métallurgie ou l’agroalimentaire." Exemple avec Ultimat (CA : 6,8 M€), créé il y a 5 ans à Saint-Rémy-de-Provence et qui accompagne les entreprises africaines dans l’acquisition d’engins et équipements pour le BTP, les mines, les carrières et le transport. La PME a obtenu plusieurs Crédits Export Fournisseur (dont 2 pour un montant de 6 M€) pour financer directement ses clients étrangers.

Thierry Nicolas est le fondateur et dirigeant d’Ultimat, basé à Saint-Rémy-de-Provence — Photo : Olivia Oreggia

Autre exemple avec Technicoflor, maison de composition de parfum familiale installée à Allauch près de Marseille et dont Christophe Sabater, deuxième génération, a repris la direction générale et intégré l’accélérateur ETI.

Du laboratoire à l’usine

Autre "jambe" sur laquelle avance la banque publique : l’innovation et notamment la deeptech. Mais là encore, toujours en lien avec l’industrie. Et à plusieurs étages, à commencer dès la recherche en laboratoire. "Notre rôle est d’essayer de créer des entreprises qui sont issues de la recherche fondamentale et de la recherche publique pour, on l’espère, devenir des start-up industrielles de demain. Le renouveau de l’industrie, la relocalisation ou la réindustrialisation passent aussi, et même beaucoup, par des entreprises innovantes, qui sont aujourd’hui au stade d’idée mais qui vont peut-être créer des usines de demain."

Accompagnée par Bpifrance, la jeune entreprise Soleu, créée à Marseille en 2025 par Marine Le Bris, commercialise des cosmétiques naturels solides — Photo : Soleu

À l’image de Soleu, spécialiste des cosmétiques naturels solides, fondé à Marseille par Marine Le Bris en 2025. "L’entreprise a été lauréate du concours Money Time Paca qui lui a donné de la visibilité, reprend Nicolas Magenties. En parallèle de cela, elle a bénéficié de prêts d’honneur et de conseils de Bpifrance lui permettant de muscler son jeu et de rendre son projet plus crédible lorsqu’elle est allée le présenter à ses partenaires bancaires. Elle a pu lever de l’argent. L’idée est que cette création d’entreprise devienne une TPE, puis une PME, qu’elle industrialise et fasse partie du territoire et du paysage des entrepreneurs."

Et la décarbonation dans tout ça ?

Enfin il est un sujet toujours d’actualité, malgré le contexte économique et les fortes tensions liées à la situation géopolitique : la décarbonation. "Quand on se projette, on ne peut pas clairement écarter le sujet de la transition énergétique et environnementale dans la stratégie d’une entreprise", appuie Mathieu Defresne. Ce serait d’ailleurs dramatique car les donneurs d’ordre sont sensibilisés, et surtout car on se rend compte que c’est un véritable levier de compétitivité. Là encore, on est dans notre rôle de les accompagner. On est sur des niveaux records d’intervention sur la thématique verte ou liée au climat dans nos actions."

Les Prêts Climat ont ainsi doublé en un an pour atteindre 36 millions d’euros en 2025.

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