Des étiquettes pour Airbus, de grands panneaux publicitaires pour les 300 boulangeries Ange, des rouleaux de pelliculage pour des trains de la SNCF… Les locaux d’Oxysign, à Aubagne, regorgent de commandes bien spécifiques. Et cela ne représente qu’une partie de l’activité du groupe, qui va désormais du marquage technique à la signalétique en passant par l’enseigne, la vitrophanie, l’habillage des bus ou le lettrage grand format grâce au dernier achat en date. De la conception à l’installation. Constitué autour de l’entreprise Oxysign (19,3 M€ de CA en 2024, 140 collaborateurs), née Oxygravure en 1978, il intègre également Interimages depuis 2022, Semios et Toit de Paris depuis 2025 et C2K XXL depuis le début 2026. Une dynamique portée depuis six ans par Sébastien Trautmann.
Une forte croissance
Président d’Oxysign (et actionnaire, aux côtés des fonds majoritaires Naxicap et Capitem, du management et de la famille fondatrice) depuis 2022, il est entré dans l’entreprise il y a 20 ans en tant que responsable produit, avant de devenir directeur industriel puis directeur général de 2017 à 2022. Il a vu l’entreprise familiale devenir un groupe et passer de 30 salariés à son arrivée à une centaine lorsqu’il en a pris la direction, puis 240 aujourd’hui. Pour atteindre 34 millions d’euros de chiffre d’affaires consolidé en 2025, contre 14,1 millions d’euros en 2022, et viser les 36 millions d’euros cette année.
Une progression en partie tirée par une forte croissance externe, mais aussi par la croissance organique. "Le volume commandé et les parts de marché confiées par nos clients augmentent et nous en gagnons de nouveaux", précise Sébastien Trautmann, qui entend désormais en conquérir d’autres à l’étranger. "L’export est un axe important de développement, confie-t-il. C’est un volet sur lequel nous travaillons actuellement, pour pouvoir répondre à des marchés en dehors de la France." Objectif : valoriser une expérience, une expertise et "une fabrication française, gage de qualité et de prestige".
Des ambitions dans la muséographie
Le dirigeant s’oriente notamment vers le secteur culturel puisque son entreprise Interimages (25 collaborateurs, 2,16 M€ de CA), plutôt orientée communication visuelle comme Oxysign, travaille pour le Louvre ou la Tour Eiffel. Elle dispose à Clichy d’un pôle muséographie, qui complète une riche clientèle bancaire et peut s’appuyer sur un fort ancrage parisien. Le groupe Oxysign vient également d’être retenu par le Château de Versailles. Il s’apprête à œuvrer au Mucem à Marseille et dispose, avec l’entreprise Toit de Paris, d’une nouvelle carte très " Made in France ".
Acquise en octobre dernier, cette petite entreprise (deux salariés, moins de 100 000 € de CA en 2025) récupère le zinc des toitures de la capitale pour en faire des objets déco et des supports de signalétique ou pour le réemployer dans le BTP. "C’est une activité très différenciante, en lien avec le patrimoine mais aussi avec les enjeux RSE. Elle pourrait déboucher sur de très gros marchés", estime le président du groupe Oxysign, qui réutiliserait volontiers ces plaques pour des musées, des marques de luxe ou les JO 2030. "Cela ferait le lien avec ceux de 2024", sourit-il, déjà fier d’avoir réalisé de la signalétique de gestion des flux, des bannières et des kakémonos pour cet événement. Et d’avoir rénové, tout récemment, les prestigieux anneaux olympiques placés au pied de la Tour Eiffel, sur un socle conçu justement avec du zinc récupéré par Toit de Paris.
Des perspectives dans le lettrage géant
Un matériau que le groupe Oxysign pourrait aussi exploiter pour le lettrage géant et la réalisation d’objets grand format. Une spécialisation toute récente, apportée par le rachat du fonds de commerce de l’audois C2K XXL, qui fait partie des références en la matière. "On intègre le savoir-faire, accompagnés par son fondateur, mais aussi la production, chez Semios à Rennes, détaille Sébastien Trautmann. C’est une brique de plus, une niche supplémentaire dans notre niche."
Un micro secteur dans lequel le groupe Oxysign vient, avec C2K XXL, de remporter un important marché avec la région Ile-de-France : 13 structures de 10 mètres de long et près de 3 mètres de haut destinées à donner une identité à dix "îles de loisirs". Un marché à 300 000 euros, 100 fois inférieur au plus important marché décroché, l’an dernier, avec Aéroport de Paris (36 M€ sur 8 ans pour la signalétique permettant d’orienter le flux passager à Roissy et Orly), mais qui n’en demeure pas moins le plus gros marché français de lettrage jamais attribué.
Un changement d’échelle avec l’acquisition de Semios
Pour l’heure, c’est l’acquisition du breton Semios (16 M€ de CA en 2024, 120 collaborateurs), l’an dernier, qui a permis au groupe Oxysign de changer d’échelle, lui permettant quasiment de doubler son chiffre d’affaires et son effectif. Très ancré sur le marché des enseignes de prêt-à-porter, de centres commerciaux et de banques, il dispose d’agences à Rennes, Brest, Nantes, Casablanca et Paris, et compte parmi ses clients les hôtels B & B, Sephora ou le groupe Beaumanoir. De quoi diversifier encore les marchés adressés, dans un secteur où les enseignes se montent et se démontent au gré des disparitions, reprises et acquisitions. "Quand la Société Générale a intégré le Crédit du Nord, nous avons refait celles de 1 000 agences en France, glisse Sébastien Trautmann. C’est un marché résilient, sur lequel ça bouge en permanence."
C’est aussi "un secteur extrêmement atomisé, où peu de concentrations sont réalisées. Nous sommes désormais le plus gros fabricant et un des plus gros acteurs en France", poursuit-il, bien décidé à grandir encore. "Il y a toujours des entreprises à intégrer, des secteurs et des marchés à conquérir. On est présent dans l’aéronautique, le ferroviaire, mais pas encore dans le maritime par exemple, alors qu’on est implanté à Aubagne, près de Marseille, et en Bretagne !"