Chez Infiniglass, la prévention santé est devenue un investissement quotidien
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Chez Infiniglass, la prévention santé est devenue un investissement quotidien

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Dans les ateliers d’Infiniglass, les salariés manipulent chaque jour des plaques de verre pouvant peser jusqu’à 150 kg. Après un accident du travail survenu dans l’entreprise, la PME varoise a engagé, avec le concours de la médecine du travail, une démarche progressive de prévention : réorganisation des flux, investissements dans les machines et réflexion autour des exosquelettes.

Ingrid Rodriguez, directrice générale d’Infiniglass, dans l’atelier de découpe du verre à Six-Fours-les-plages — Photo : Hélène Lascols

C’est à l’occasion du retour en poste de l’un de ses salariés après un accident du travail qu’Ingrid Rodriguez, directrice générale de la PME varoise Infiniglass (18 salariés, CA : 3 M€) a placé la prévention santé au cœur de son entreprise. Une stratégie qu’elle continue de mener au quotidien, consciente que "cela permet d’avoir des collaborateurs en bonne santé tout en améliorant la performance."

Un accompagnement de tous les jours

Dans cette miroiterie familiale, les salariés manipulent au quotidien d’immenses plateaux en verre. "Nous les coupons, façonnons et décorons pour nos clients, qui sont à 90 % des professionnels : des gérants dans l’hôtellerie-restauration, des cuisinistes, des architectes ou des menuisiers", explique Anthony, chef d’atelier. Les équipes sont exposées à des contraintes physiques permanentes : manutention de charges lourdes, bruit des machines, postures répétitives ou encore poussières liées au sablage du verre. Afin d’objectiver ces risques, Odalia, le service de prévention et de santé au travail du Var, a mené plusieurs analyses sur le site : mesures du bruit, niveaux d’éclairage, organisation des flux de production ou encore étude du risque chimique autour de la présence potentielle de silice lors des opérations de sablage.

Depuis 2022, une première visite avec un médecin du travail a ainsi été réalisée au sein de l’entreprise, puis le plan de prévention, qui évolue avec les métiers et les équipements, a été mis à jour avec le concours de Virginie Weiss d’Odalia. Fondée en 1897 et dirigée par la quatrième génération familiale, cette miroiterie implantée à Six-Fours-les-Plages et à Cannes a alors engagé une réflexion plus large sur ses pratiques. "La prévention santé sur le lieu de travail est un investissement de tous les jours. Elle repose sur des choses peu coûteuses, comme la mise en pratique de conseils, le déplacement de certains appareils ou l’amélioration des circuits internes pour limiter certaines manipulations qui étaient quotidiennes. Elle passe aussi par des investissements dans des machines qui réduisent la pénibilité et améliorent le confort au travail", ajoute Ingrid Rodriguez, guidée par une feuille de route d’amélioration continue.

Améliorer la vie au travail

Pour faciliter le travail et prévenir les risques, l’entreprise a par exemple investi 180 000 euros en 2024 dans une table de coupe du verre feuilleté, qui permet de limiter les manipulations. "Le plateau avance tout seul, se positionne et, une fois coupé, il se retourne automatiquement", décrit Anthony. Un système d’air comprimé permet également de déplacer les plaques presque sans effort, alors qu’elles peuvent peser jusqu’à 150 kg. "L’aide de la machine nous permet de durer plus longtemps", résume le chef d’atelier.

Ce qui occupe désormais Ingrid Rodriguez, c’est la réalisation d’une étude sur la possibilité d’intégrer un exosquelette pour assister le dos, les mains et parfois la nuque. "Trois modèles ont été identifiés avec le concours de Julie Réal, ergonome chez Odalia. Elle est déjà intervenue lors de l’automatisation des classeurs au sein du stock, puis a repéré des axes de prévention collective, comme l’adoption d’un exosquelette", raconte l’entrepreneuse. Une pré-étude a ainsi été engagée avec un horizon fixé à 2027.

Une attention de chaque instant

Dans un secteur accidentogène comme celui de la miroiterie, qui suppose une vigilance de chaque instant, "nous essayons de trouver le juste équilibre entre la tenue de Robocop et une tenue protectrice et agréable à porter toute la journée", explique Julie Réal. "Avec le temps, les habitudes s’installent et la vigilance peut diminuer", estime l’ergonome. D’où l’importance, selon elle, de questionner régulièrement les pratiques et d’adapter les solutions aux réalités de chaque entreprise. "On ne peut pas demander à un dirigeant de tout changer d’un coup et il est donc primordial d’adapter notre accompagnement aux marges de manœuvre de chaque entreprise", poursuit-elle.

Un retour sur investissement triplé

Cette prévention rapporte également sur le plan économique. Selon Odalia, un euro investi dans la prévention santé génère trois euros de retour sur investissement, notamment grâce à la diminution des accidents et des maladies professionnelles. "Les retombées sont majeures en interne, comme pour la société en général", ajoute Virginie Weiss. Chez Infiniglass, cette démarche est aussi pensée comme un moyen de préserver les équipes et de stabiliser l’organisation du travail.

Prochaine étape pour la miroiterie : transposer les mesures et investissements réalisés dans l’atelier de Six-Fours-les-Plages vers celui de Cannes, où la PME emploie huit personnes. "Nous voulons aussi automatiser notre deuxième classeur et surtout identifier le collaborateur adéquat pour endosser le rôle de bêtatesteur de l’exosquelette. Ces projets prennent du temps et, à chaque étape, il faut se demander si l’on arrête ou si l’on continue", conclut Ingrid Rodriguez.

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