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Le carrossier Durisotti demande son placement en redressement judiciaire
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Le carrossier Durisotti demande son placement en redressement judiciaire

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Le carrossier Durisotti, repris en 2024 par le groupe nordiste GTE Automotive, se place en redressement judiciaire. Spécialisée dans l’aménagement de véhicules pour les professionnels, la PME du Pas-de-Calais subit un arrêt brutal des commandes publiques, qui met en difficulté un modèle largement dépendant de ces marchés.

Marie Desprez, directrice générale de GTE Automotive et Ludwig Czelecz, président — Photo : Elodie Soury-Lavergne

Le carrossier Durisotti, basé à Sallaumines (Pas-de-Calais), demande son placement en redressement judiciaire. Repris en juillet 2024 par le groupe nordiste GTE Automotive (65 M€ de CA en 2024, 450 collaborateurs), Durisotti équipe 10 % des véhicules vendus aux professionnels en France (pompiers, police, armée, transport de personnes). Lors du rachat, le carrossier réalisait 30 millions d’euros de chiffre d’affaires, avec 170 salariés. Il se déclare aujourd’hui en cessation de paiements, avec une audience prévue le 11 mai au Tribunal de commerce d’Arras.

L’État mis en cause par la direction

Depuis plusieurs semaines, son activité est quasiment à l’arrêt, faute de nouvelles commandes, tandis que des tensions de trésorerie persistent, avec des fournisseurs impayés et des retards de salaires. La direction pointe un arrêt brutal des commandes publiques, historiquement majoritaires dans son carnet, qui aurait déséquilibré son modèle économique. "Quand on perd plus de la moitié de son activité, on doit réduire la structure", explique Marie Desprez, directrice générale de GTE Automotive, dans plusieurs médias. Pour tenter d’assurer la continuité de l’activité, une réduction d’environ 35 % de la masse salariale est envisagée.

Une reprise sous tension

En 2024, GTE Automotive soulignait avoir repris Durisotti "dans un état économique compliqué". Après avoir recapitalisé la PME à hauteur de 5,1 millions d’euros, la direction prévoyait d’y investir 20 millions d’euros sur trois ans, pour moderniser les infrastructures et diversifier les activités.

Fin avril 2026, le carrossier Durisotti se déclare en cessation de paiements — Photo : Elodie Soury-Lavergne

Dans cette logique, GTE Automotive avait également installé son siège sur le site du carrossier, afin d’y créer un centre européen de la mobilité décarbonée, qui a été inauguré fin avril 2025. Il comprenait une ligne de reconditionnement de véhicules professionnels et devait ensuite accueillir des lignes d’électrification de cars et de véhicules lourds.

Un avenir suspendu aux marchés publics

Pour concrétiser ces projets, la PME avait conclu "des accords décisifs de financement", pour un montant non précisé, auprès de ses partenaires bancaires, l’État, la région Hauts-de-France et la Communauté d’Agglomération de Lens Liévin (CALL). Moins d’un an après sa reprise, l’avenir de Durisotti apparaît désormais suspendu à la relance de son carnet de commandes, en particulier sur les marchés publics.

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