Avec son premier produit, commercialisé depuis avril, la start-up nordiste Shooldy ambitionne de créer une nouvelle catégorie sur le marché du confort articulaire. Fondée fin 2024 à Lille par Stéphane Hareng et le kinésithérapeute Philippe Delsol, l’entreprise lance un coussin ergonomique breveté dédié aux douleurs de l’épaule, un segment encore inexploité en Europe.
"27 % des adultes ont des douleurs d’épaule récurrentes. Quelles que soient leurs causes, elles créent des difficultés d’endormissement et impactent le sommeil", explique Stéphane Hareng, directeur général de Shooldy. Des troubles qui concernent notamment les seniors, les sportifs, les personnes en fauteuil roulant ou encore celles ayant subi une intervention liée à un cancer du sein, ou à une pathologie de l’épaule (250 000 opérations par an en France). Au total, la jeune pousse estime son marché potentiel à près de quatre millions de Français.
"On est sur une innovation de rupture. C’est un produit qui n’existe ni en France ni même en Europe"
Son produit, baptisé Shooldy Confort, a été conçu par des spécialistes de l’épaule après plusieurs années d’observation des besoins de leurs patients. Commercialisé 89 euros, il se compose de deux coussins asymétriques remplis de microbilles recyclables. Sa conception brevetée lui permet d’épouser les différentes positions du corps tout en procurant une sensation d’apesanteur au bras.
Un coussin labellisé Deeptech
"On est sur une innovation de rupture. C’est un produit qui n’existe ni en France ni même en Europe", affirme Stéphane Hareng. Cette approche a valu à l’entreprise l’obtention du label Deeptech, d’un prêt d’amorçage de 150 000 euros auprès de Bpifrance, ainsi que d’une Bourse French Tech Émergence, de 90 000 euros.
Accompagnée par Eurasanté et soutenue par la Région Hauts-de-France, La French Tech Lille, La French Care et la CCI Hauts-de-France, Shooldy s’appuie également sur un écosystème régional pour sa production. Le développement textile est réalisé avec Subrenat à Mouvaux (Nord), tandis qu’une partie de l’assemblage est confiée à l’ESAT Ernest Schaffner de Lens (Pas-de-Calais).
Accélérer la distribution
Pour accélérer sa diffusion, Shooldy mise sur plusieurs canaux de distribution. La société compte d’abord sur les recommandations des chirurgiens orthopédiques et des kinésithérapeutes auprès de leurs patients. Elle a également noué des partenariats commerciaux avec plusieurs réseaux spécialisés, parmi lesquels les enseignes Vitaliterie, Tous Ergo et certaines pharmacies du réseau Aprium. Un modèle renforcé, destiné à un usage intensif en cabinet, doit par ailleurs être lancé à destination des kinésithérapeutes et des centres de rééducation.
La jeune pousse affiche désormais des ambitions commerciales élevées. Son objectif est d’atteindre, d’ici deux ans, 40 000 coussins vendus par an en France, soit entre 2,5 et 3 millions d’euros de chiffre d’affaires. Un cap que ses fondateurs jugent réaliste au regard du nombre de personnes concernées par les pathologies de l’épaule et des premiers retours clients. "Les utilisateurs en parlent comme de leur doudou", sourit Stéphane Hareng.