Un peu plus d’un an après l’annonce de son plan de restructuration, NTN Transmissions Europe dresse un premier bilan de la transformation de son site de Crézancy, dans l’Aisne. Dans un contexte où le marché automobile reste dégradé, le fabricant de pièces forgées affiche ses premiers succès dans sa stratégie de diversification vers de nouveaux secteurs industriels.
Une activité supérieure aux prévisions
Filiale européenne du japonais NTN, implantée à Allonnes (Sarthe), près du Mans, l’entreprise regroupe trois sites en Europe : Allonnes, Crézancy et Sibiu, en Roumanie. Début 2025, elle avait annoncé un vaste plan de réorganisation prévoyant notamment la suppression de 31 postes à Crézancy afin d’adapter les capacités de production à un marché automobile en recul et de retrouver l’équilibre financier d’ici 2027.
Si le plan tablait sur une production de 4,5 millions de pièces forgées en 2025, le site a finalement fabriqué 6,3 millions d’unités, bénéficiant d’un regain ponctuel de l’activité lié aux mesures européennes de soutien au secteur automobile. Une embellie que la direction juge toutefois temporaire, les difficultés de la filière étant de nouveau renforcées par les tensions géopolitiques.
Le ferroviaire et la défense pour préparer l’avenir
Le site, qui emploie désormais 74 salariés et a réalisé 29 millions d’euros de chiffre d’affaires sur l’exercice 2025-2026, poursuit parallèlement sa diversification. Il annonce la signature d’un premier contrat avec un industriel belge pour la fabrication de pignons d’engrenages forgés, tandis que plusieurs projets sont en développement dans le secteur de la défense et que des démarches commerciales se poursuivent dans le ferroviaire. Aucun objectif chiffré n’est toutefois communiqué à ce stade.
Sur le plan social, le plan de sauvegarde de l’emploi est désormais achevé avec 30 suppressions de postes, contre 31 initialement prévues, dont 13 licenciements économiques, 12 départs volontaires et 5 reclassements. Malgré un contexte qui devrait rester difficile pendant encore deux ans, le directeur du site, Antoine Selosse, reste optimiste : "La dynamique engagée nous rend confiants : elle ouvre de nouvelles opportunités et nous commençons déjà à en mesurer les premiers effets."