Après une phase d’expansion marquée par des acquisitions structurantes, le groupe Blondel entame un nouveau cycle de développement. L’ETI familiale, basée à Saint-Quentin (Aisne), mise désormais sur deux leviers : la diversification de ses activités et l’accélération à l’international. Un changement de cap qui intervient après le rachat du groupe Sobotram en 2023, une opération qui l’a fait changer de dimension.
Désormais proche des 400 millions d’euros de chiffre d’affaires, pour 3 000 collaborateurs, Blondel prend le temps d’intégrer ses nouvelles équipes. "L’enjeu est de conserver notre ADN familial et notre culture de proximité", souligne Renaud Weinert, responsable communication, dans un groupe majoritairement détenu par la famille fondatrice.
Diversification tous azimuts
Pour poursuivre sa croissance, Blondel mise d’abord sur l’organique, en élargissant ses marchés et en musclant ses services. Historiquement très présent dans l’aéronautique, le groupe s’est ouvert ces dernières années à de nouveaux secteurs, comme le secteur naval, mais aussi les énergies, notamment l’éolien offshore, ou encore la verrerie. Le groupe a également lancé fin 2023 une division e-commerce, aux côtés de ses autres activités, à savoir la logistique classique, la logistique industrielle et le transport. Cette nouvelle unité d’affaires propose une offre complète, de la gestion des stocks à l’expédition multicanal, avec des services à valeur ajoutée comme la personnalisation ou le suivi client. Elle dépasse à présent le million d’euros de chiffre d’affaires mensuel, "c’est un cap symbolique qui a été franchi", commente Renaud Weinert.
Le groupe a aussi lancé en janvier dernier une activité de "control tower", consistant à piloter l’ensemble des flux de transport d’un client industriel, afin d’en optimiser les coûts et l’empreinte carbone. Une première collaboration a été engagée avec le groupe aéronautique Mecachrome. "C’est un positionnement appelé à se développer", précise Renaud Weinert.
Blondel réalise environ 55 % de son activité dans le transport et 45 % dans la logistique, des métiers étroitement imbriqués. Le groupe entend compléter son offre de prestations logistiques, afin d’être moins dépendant des fluctuations du marché du transport.
L’Espagne dans le viseur
L’autre pilier de cette feuille de route est l’international, qui pèse pour l’heure près de 30 millions d’euros de chiffre d’affaires, avec un potentiel de croissance important. Blondel accompagne déjà certains de ses clients industriels à l’étranger, notamment en Espagne, où il opère des flux de transport depuis Toulouse. Pour franchir un cap, le groupe envisage de s’implanter localement. "L’objectif est de disposer d’une base pour être plus agile et réduire les trajets", explique Renaud Weinert. Dans ce cadre, Blondel se tient en veille active sur des opportunités d’acquisition dans la péninsule ibérique, signe que la croissance externe pourrait redevenir un levier à moyen terme.
"Depuis nos premiers développements hors de France, le Groupe Blondel accompagne ses clients là où ils grandissent. Notre ambition est de structurer un réseau européen solide capable d’offrir le même niveau d’exigence opérationnelle et de proximité que celui qui fait notre force en France", souligne Grégoire Blondel, le dirigeant. À l’aube de ses 70 ans, le groupe familial ouvre ainsi une nouvelle étape de son développement.