L’acquisition de la banque régionale allemande Oldenburgische Landesbank (OLB) par Crédit Mutuel Alliance Fédérale s’est finalisée dans la nuit du 19 au 20 mars. "Cela s’est fait après plusieurs mois de discussions avec les actionnaires de la banque OLB", a précisé, au petit matin, Daniel Baal, président de la banque strasbourgeoise. Cette dernière conforte ainsi son périmètre de l’autre côté du Rhin, son deuxième marché, et s’ouvre de belles perspectives dans son ambition de devenir un bancassureur de premier plan en Europe.
Si le montant de cette opération de croissance externe n’a pas été dévoilé, il serait au-dessous de "deux milliards d’euros", d’après Eric Petitgand, directeur général de la banque mutualiste qui a bouclé l’exercice 2024 avec 4,1 milliards d’euros de résultat net et totalise plus de 77 000 collaborateurs. "Nous sommes tombés à un point d’équilibre qui nous semble tout à fait raisonnable et nous avons payé cette opération avec nos fonds propres", précise M. Baal.
Complémentarité avec Targobank
Toujours est-il qu’il s’agit de l’acquisition la plus significative pour la cinquième banque française depuis celle de Citibank, en 2008, devenue aujourd’hui Targobank, dont le siège se situe à Düsseldorf et qui s’appuie sur 7 400 salariés, un réseau de 340 agences et 3,8 millions de clients, pour un résultat net de 607 millions d’euros en 2024.
L’ajout d’OLB doit permettre à Crédit Mutuel Alliance Fédérale d’accélérer dans sa stratégie de développement en Europe où elle réalise aujourd’hui 20 % de ses activités. "Nous achetons une très belle banque qui correspond à ce que nous ciblions et qui nous permet d’être, en complémentarité avec Targobank, dans le modèle de bancassurance que nous voulons implanter en Allemagne, en liaison avec les assurances du Crédit Mutuel et note filiale allemande ACM Deutschland", poursuit Daniel Baal.
Plus d’un million de clients et 1 700 collaborateurs à intégrer
Basée à Oldenbourg en Basse-Saxe depuis 150 ans, OLB conseille plus d’un million de clients, aussi bien des particuliers que des entreprises. La banque dispose d’un réseau de 80 agences et plus de 1 700 collaborateurs pour un résultat net de 320 millions d’euros en 2024.
"Avec nos filiales déjà présentes et cette acquisition, nous disposons d’une base que nous jugeons saine pour construire notre développement de manière industrielle, raisonnée et dans la durée, en privilégiant l’intérêt de nos clients et de nos collaborateurs", a ajouté Eric Petitgand.
"Dans une période compliquée au niveau économique, la diversification des revenus s’apparente à un formidable atout."
Mais c’est bien sur le secteur de la bancassurance que Crédit Mutuel Alliance Fédérale compte s’imposer sur son deuxième marché domestique. Sa filiale Targobank initiera le mouvement d’ici 2026 après l’échéance de son contrat avec Allianz. "Il est clair que l’acquisition d’OLB va nous permettre de changer de dimension en Allemagne et surtout de mieux équilibrer l’origine de nos revenus qui sont aujourd’hui encore fortement marqués par les crédits à la consommation. Dans une période compliquée au niveau économique, la diversification des revenus s’apparente à un formidable atout", souligne Isabelle Chevelard, présidente du directoire de Targobank et responsable de l’Allemagne pour Crédit Mutuel Alliance Fédérale.
Des synergies mais pas de restructuration
L’acquisition d’OLB s’est déroulée avec le concours du cabinet d’avocats Linklaters, la banque privée Rothschild & Co et le cabinet d’audit et de conseil KPMG.
S’il évoque des synergies, Crédit Mutuel Alliance Fédérale exclut toute restructuration au sein d’OLB à l’issue de cette opération, qui reste soumise à l’approbation des autorités en matière de concurrence, dans l’attente de son officialisation prévue pour le premier semestre 2026.
"Notre culture est de maintenir les emplois là où ils se trouvent. On le fait en France et il n’y a pas de raison particulière pour avoir une autre démarche en Allemagne. C’est également notre responsabilité en tant qu’entreprise à mission", conclut Daniel Baal.
Cette acquisition fera de Crédit Mutuel Alliance Fédérale, via sa filiale Targobank, la 10e banque d’un pays qui reste le poumon économique de l’Union européenne.