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Posos, NeoCem, Le Fourgon… Les start-up à suivre dans les Hauts-de-France en 2025
Hauts-de-France # Industrie # Levée de fonds

Posos, NeoCem, Le Fourgon… Les start-up à suivre dans les Hauts-de-France en 2025

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L’économie des start-up régionales s’est plutôt bien portée cette année. Signe de ce dynamisme : les montants levés sont plus conséquents que ceux de l’année précédente et plus nombreux. 82 millions d’euros ont été levés à fin mai 2024, contre 73 millions d’euros levés sur l’année 2023. Autre indicateur, les secteurs concernés sont très variés. Petit tour d’horizon, non exhaustif, des acteurs qui ont fait l’actualité en 2024 et à suivre en 2025.

L’usine de NeoCem, implantée sur une ancienne carrière à Saint-Maximin dans l’Oise, sera opérationnelle à partir du début 2025 — Photo : NeoCem

NeoCem décarbone la construction avec son béton bas carbone

Créée en 2021 à Hallennes-les-Haubourdin (Nord), NéoCem a mis au point un ciment "vert" dont l’empreinte carbone est 80 % inférieure au ciment classique. La start-up annonce en début d’année avoir finalisé une levée de fonds de 23 millions d’euros pour financer son projet d’usine d’argiles flash calcinées, à Saint-Maximin dans l’Oise. Lauréate du programme "Première usine" de France 2030, elle a réuni plusieurs investisseurs parmi lesquels Rev3, Finorpa, Nord France Amorçage, CBGreen, CIC Nord Ouest, Crédit Agricole Nord de France, La Banque Postale et Bpifrance. La production, qui va employer une trentaine de personnes sur site, débutera en 2025 pour atteindre, à terme, 200 000 tonnes de matériaux par an. De quoi fabriquer deux millions de tonnes de béton, présentant une empreinte carbone de 80 % inférieure au béton classique.

Japet Medical cherche des locaux plus grands sur la métropole lilloise

Japet Medical a développé un exosquelette pour soulager le mal de dos en milieu professionnel — Photo : © Atypix - Atypix

C’est le double de sa superficie actuelle que la start-up médicale convoite. Actuellement dans des locaux 600 m², elle est à la recherche d’emplacements pouvant lui offrir une superficie de 1 200 m². Actuellement en pleine phase de développement industriel de ses exosquelettes lombaires, elle a récemment finalisé une campagne de financement participatif sur Tudigo, à hauteur de 2,7 millions d’euros. Cette opération devrait lui permettre d’accentuer son développement à l’échelle européenne. Son objectif affiché : atteindre la rentabilité dès la fin de cette année.

Le Fourgon accélère la livraison de boissons en bouteilles consignées

Le Fourgon propose de livrer, consigner pour réemployer des bouteilles — Photo : Alexis Delespierre

Présente dans 2 000 villes de France via son service de livraison de boissons en bouteilles consignées, la start-up lilloise Le Fourgon se développe davantage et lève fin 2023, 10 millions d’euros en série A. Réalisée auprès de son investisseur historique, le fonds Id4 Ventures, accompagné par XAnge, La Poste Ventures, Teampact Ventures ainsi que par des investisseurs privés, cette opération va permettre au Fourgon d’accélérer fortement. D’abord, en étendant son offre, qui comprend déjà 2 300 références de boissons alcoolisées et non-alcoolisées, des produits ménagers, de l’épicerie, à de nouveaux produits "0 déchet". Mais aussi, en ouvrant de nouvelles villes, et en investissant sur sa logistique. Créée en avril 2021, elle compte 300 personnes et remet au goût du jour un mode de commercialisation éco-responsable.

Tiamat inscrit la Picardie dans dans l’ère des gigafactories

Grâce à la formulation innovante de ses batteries sodium-ion, Tiamat se libère de la dépendance aux terres rares comme le lithium — Photo : Cyril Fresillon

Acteur depuis 2017 dans le secteur des véhicules électriques, la start-up amiénoise fabrique des batteries sodium-ion nouvelle génération. Début janvier, elle boucle une levée de fonds de 30 millions d’euros pour implanter sa future gigafactory dans la zone industrielle Jules Verne, à Boves près d’Amiens. Un millier d’emplois pourrait être créé. La ligne pilote pourrait produire, dès 2026, 25 000 batteries par jour. Tiamat porte un projet conséquent estimé à 150 millions d’euros, somme qu’il prévoit de lever en equity et en dette. L’ensemble du projet nécessiterait, à terme, 500 millions d’euros d’investissement. De gros acteurs industriels sont parties prenantes, notamment, en entrant au capital comme Stellantis Ventures, le spécialiste des adhésifs et coatings Arkema (11,5 Md€ de CA, 21 100 salariés) ou encore le groupe aéronautique MBDA (4,2 Md€ de CA, 6 000 salariés).

Energo transforme le bio gaz en carburant

Fondée à Loos, près de Lille, en 2018, la start-up Energo assure fin mai une levée de fonds de 16,5 millions d’euros pour passer à la phase industrielle. Elle a notamment mis au point plusieurs procédés innovants pour obtenir des biocarburants à partir de différents gaz, et en particulier, pour produire de l’hydrogène à base de biométhane, consommant 90 % d’électricité en moins que l’électrolyse. Mis en œuvre au sein d’unités compactes, ces procédés sont particulièrement adaptés à un usage industriel, puisqu’ils peuvent être implantés sur site, à proximité de l’utilisateur final comme des émetteurs de CO2, biogaz ou d’électricité "verte", utilisés comme matière première.

4P Pharma veut devenir une entreprise pharmaceutique

Revital Rattenbach, cofondatrice et codirigeante de la biotech lilloise 4P Pharma — Photo : 4P Pharma

Se frayer un chemin parmi le marché très tendu des médicaments n’est pas chose aisée. C’est pourtant le pari que s’est donné la start-up lilloise 4P Pharma, fondée en 2014 par Revital Rattenbach. Avec une première levée fonds réussie de15 millions d’euros, la biotech entend entrer en phase de commercialisation dès 2026. Son crédo : repositionner des médicaments existants pour soigner des maladies graves et non traitées comme l’arthrose ou la DMLA. Pour ce faire, elle réalise l’acquisition de médicaments déjà présents sur le marché, par exemple les GLP-1 dédiés au traitement de l’obésité, puis les modifie en vue de les repositionner sur des maladies graves et non traitées, ici l’arthrose. La levée de fonds réalisée va servir à financer l’acquisition de médicaments susceptibles d’être régénérés, pour lutter contre les maladies visées par la biotech. Parmi ses premières cibles, figurent l’arthrose, ainsi que le syndrome respiratoire aigu.

Deblock marie euros et cryptomonnaies sur un compte unique

La fintech anglaise créée en 2022 a débarqué à Lille en avril dernier. Sa solution permet de regrouper sur un même compte courant à la fois des euros et des cryptomonnaies. Pour sa première implantation en Europe, elle choisit la France et notamment Lille pour sa proximité avec Londres. Accompagnée par Nord France Invest, elle a levé 12 millions d’euros et a ouvert un bureau en 2023 un bureau au sein du UK Business Centre Lille, au pied de la gare Euralille.

Avec Nutri’Earth, la vitamine D se conjugue à base d’insectes

Thomas Dormigny - Charles-Antoine Destailleur - Jérémy Defrize - fondateurs - Nutri’Earth - start-up - produits - insectes - Lille — Photo : Nutri'Earth

Face à une demande croissante pour sa vitamine D3, fabriquée à base d’un insecte comestible, Nutri’Earth a bouclé une nouvelle levée de fonds à hauteur de 8 millions d’euros, en juillet dernier. L’opération va notamment lui permettre de muscler son outil de production. Ses actionnaires historiques, Demeter Investment Managers, NFA, Holding Serthi, ont participé à cet investissement. De nouveaux partenaires ont également répondu présents tels que des investisseurs régionaux (Rev3 Capital, Captech Santé) ou des institutions financières (Bpifrance, Crédit Agricole Nord France, la Région Haut-de-France). Pour la start-up, incubée à Euralimentaire, l’enjeu actuel est d’accélérer sa croissance. Lauréate du Plan France 2030 "Première Usine", elle souhaite s’équiper de nouvelles lignes de production, sur son site industriel de Carvin, dans le Pas-de-Calais.

TchaoMégot recycle les mégots de cigarettes

C’est depuis Bresles, dans l’Oise que TchaoMégot et ses 26 salariés dépolluent les mégots de cigarettes. Le process mis au point permet de recycler la matière sans recourir à l’eau ni à des solvants toxiques. La valorisation se fait sous forme d’isolant thermique pour le BTP mais également pour le secteur textile, avec une utilisation dans des doudounes par exemple. Sa première levée de fonds, de 3,6 millions d’euros, est destinée à passer à l’échelle industrielle, notamment en acquérant une machine capable de traiter jusqu’à 300 tonnes de mégots par an.

Posos s’associe à Microsoft

La start-up Posos mise sur l’intelligence artificielle pour réduire les erreurs médicamenteuses — Photo : Lise Verbeke

Fondée en 2018, la start-up médicale Posos, basée à Amiens, a eu une année 2024 riche en investissement et en partenariat. Sa solution destinée aux professionnels de santé utilise l’intelligence artificielle pour éviter au maximum les erreurs de prescription médicale. En s’associant avec Microsoft, elle intègre notamment l’outil de reconnaissance vocale Dragon Medical. Ainsi, la start-up espère accélérer son développement et vise pour les quatre prochaines années un chiffre d’affaires de 20 millions d’euros. Elle a également signé un partenariat avec l’éditeur amiénois de logiciels Bow Medical. Ce dernier va intégrer la solution de Posos dans son logiciel Diane, dédié aux anesthésistes et réanimateurs.

Crime Science Technology sécurise les passeports allemands

Depuis sa création en 2011, Crime Science Technology ne cesse de gagner de nouveaux contrats. Cette année, c’est au tour de l’imprimerie nationale allemande de la choisir pour sécuriser le nouveau passeport biométrique du pays. Sa technologie est composée de plastique et d’encres de haute sécurité, capable de révéler les empreintes digitales grâce à la chimie et l’optique. Elle est déjà présente dans une dizaine de pays comme l’Australie, le Mexique, le Portugal ou encore la Mongolie. Le marché allemand représente plus de 10 millions de cartes d’identité sur les années à venir et 5 millions de passeports.

Lattice Medical révolutionne la reconstruction mammaire

Julien Payen, CEO de Lattice Medical, et Catherine Gallais, CEO de RougeGorge, ont acté leur partenariat — Photo : Jeanne Magnien

Ses bioprothèses mammaires offrent aux patientes atteintes d’un cancer du sein une véritable alternative aux solutions de reconstruction existantes jusqu’à présent. L’implant est constitué d’une résille de biopolymères, à base d’acide lactique. Résorbable, il est implanté avec à l’intérieur, un lambeau de tissu adipeux, prélevé sur la patiente. En début d’année, la start-up a obtenu un financement de 6 millions d’euros pour son projet de recherche. Actuellement en phase d’essais cliniques, Lattice Medical s’est associé au spécialiste de la lingerie féminine RougeGorge pour mettre au point un soutien-gorge évolutif adapté aux patientes ayant bénéficié d’une chirurgie réparatrice. Depuis sa création en 2017, ce sont plus de 23 millions d’euros que l’entreprise a levés. Elle prépare une nouvelle levée de fonds à hauteur de 30 millions d’euros dans les mois à venir.

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