Aujourd’hui, l’IA est au cœur de toutes les préoccupations, un dirigeant d’une PME doit-il s’emparer du sujet ?
C’est un impératif. Notre groupe Polaria fait partie notamment du réseau BPI France où une étude a montré que 58 % des dirigeants de PME, notamment, considèrent l’IA comme un enjeu de survie en raison de 3 à 5 ans. Cependant 80 % d’entre eux n’avaient pas les compétences internes pour les accompagner dans cette voie. Aujourd’hui on est quand même face à la plus grande vague technologique de notre époque. La vague de l’IA, c’est l’effet cumulé de l’arrivée de l’ordinateur, d’Internet et du smartphone.
Comment aborder le sujet et les entreprises sont-elles concernées de la même manière ?
L’IA ne va pas toucher toutes les professions et toutes les entreprises de la même manière. En effet, l’IA vient notamment toucher les métiers dits de cols blancs, les tâches cognitives et dans ces domaines-là, il y a des gains de productivité immense. L’IA ne doit pas être uniquement abordée sous l’angle de l’excellence opérationnelle mais également comme une source de nouvelles opportunités de business et de réflexions des business models. Une entreprise plutôt tournée vers des métiers manuels, sera moins impactée par l’IA. L’IA est alors plutôt un support, une perspective pour augmenter les produits et les services.
Par contre, en étant à la tête d’une société où il s’agit d’encadrer des métiers plutôt à dominantes cognitives, là les métiers seront clairement impactés.
Combien cela coûte-t-il ?
Si on place cette vague technologique comme étant la plus grande vague technologique de notre époque, on ne s’en emparera pas sans investissement.
S’il est urgent de s’y intéresser, il est aussi urgent de ne pas se précipiter.
En premier lieu, il est important de doter l’organisation d’une solution dite de bureautique augmentée à l’instar de Copilot, Gemini ou Mistral par exemple. Ces solutions viennent aider les collaborateurs à s’emparer du socle de base et à augmenter toute tâche cognitive de manière générale.
Deuxièmement, il faut forcément former son comité de direction et plus globalement ses collaborateurs. C’est d’ailleurs même une obligation européenne, l’AI Act. Ce qu’on appelle l’alphabétisation IA.
L’IA bouscule les compétences et certaines vont devenir obsolètes, comment appréhender cela ?
L’IA va être en capacité de réaliser mieux que nous quasiment l’intégralité des tâches que l’on peut réaliser avec un ordinateur. Il faut donc s’emparer du sujet car cela vient percuter les compétences, les missions et les emplois et donc demain les fiches de postes et l’organisation.
Pour cela, il faut passer cette vague en intégrant les notions d’investissements, de formations et en repensant l’organisation des entreprises. Lorsque ce cercle de base est établi, l’entreprise évoluera avec des règles simples d’évolutions digitales.
Intégrer l’IA dans son entreprise, dans sa stratégie, est-il pour autant gage de réussite ?
L’IA, ce n’est pas magique non plus ! Cela demande à un moment donné des efforts de mise en place, de mise en œuvre. Des études démontrent
des choses assez claires, : 95 % des projets IA échouent selon le dernier rapport du MIT. Les entreprises qui réussissent le mieux ont deux choses en commun. Tout d’abord, elles se font plutôt accompagner par des prestataires comme Polaria. Ensuite, les entreprises qui réussissent sont celles qui comprennent que l’IA n’est pas une nouvelle fonctionnalité mais qu’il s’agit d’une infrastructure qui transforme leur processus métier.