Microsoft fait partie des fameux Gafam (avec Google, Apple, Facebook et Amazon), ces mastodontes américains qui dominent outrageusement le secteur numérique à l’échelle mondiale. Et même si le besoin de souveraineté nationale est de plus en plus souvent mis en avant, cette hégémonie demeure peu contestée. Malgré tout, il existe des alternatives. C’est ce que s’efforce de proposer la PME nantaise Tranquil-IT. Avec 25 personnes à bord, elle intègre chez ses clients le logiciel libre Samba-AD, qui gère notamment les mots de passe pour accéder aux systèmes informatiques des entreprises et identifier les utilisateurs. "C’est un concurrent direct de Microsoft Active Directory. Aujourd’hui, ce logiciel libre possède des fonctionnalités équivalentes, mais à un prix moindre et avec une plus grande souveraineté", explique Vincent Cardon, président et cofondateur de l’entreprise en 2002 avec son frère Denis Cardon.
Une croissance de 30 à 40 % par an
Tranquil IT développe également son propre logiciel en interne, baptisé WAPT, qui automatise la gestion du parc informatique de ses clients, que ce soit pour des mises à jour, ou pour le déploiement d’un logiciel. "Si vous installez un logiciel sur votre ordinateur, cela vous prendra une quinzaine de minutes. Mais si vous devez le faire sur 10 000 machines, il faut que cette tâche soit automatisée", vulgarise Vincent Cardon. Ce logiciel WAPT (qui peut être comparé à Microsoft SCCM) représente aujourd’hui 80 % du chiffre d’affaires de l’entreprise, qui culmine à 4 millions d’euros en 2024. "Nous enregistrons actuellement une croissance de 30 à 40 % par an", ajoute Vincent Cardon. Tranquil IT a pour clients des collectivités, des universités, des entreprises de l’agroalimentaire, de la défense ou encore du BTP, en métropole, outre-mer, notamment en Polynésie française, et à l’étranger, précise son président. Malgré sa croissance, Tranquil IT ne prévoit pas de vague de recrutements. "L’édition de logiciels ne nécessite pas beaucoup de personnels. Nous recherchons plutôt certains profils très spécialisés et spécifiques", explique Vincent Cardon.
Créer un socle solide après une attaque
L’éditeur nantais souhaite aujourd’hui associer ses deux produits pour proposer à ses clients une offre qui gère l’ensemble de leur parc informatique. Elle cible aussi les entreprises qui ont été victimes d’attaques cyber. "Il est souvent intéressant de reconstruire un édifice informatique de zéro lorsqu’il a été saccagé par un randsomware (logiciel qui bloque un accès et demande une rançon en échange, N.D.L.R.). Cela permet d’intégrer un nouveau socle de cybersécurité avec des bases solides" affirme Vincent Cardon.
Les alternatives : une part croissante, mais minoritaire, du marché
Pour autant, aujourd’hui, les différentes alternatives européennes sont loin de déstabiliser le géant Microsoft, qui s’implante par défaut au sein des entreprises. "Elles prendront une part croissante du marché dans les années à venir, mais resteront toujours minoritaires", prévoit Vincent Cardon, car les nouveaux professionnels de l’informatique, qui sortent des écoles, sont formés sur les solutions traditionnelles de Microsoft. "Si une entreprise change d’administrateur système, ou en accueille un nouveau, et que cette personne a l’habitude d’utiliser Microsoft, l’entreprise se tournera par défaut vers cette solution", analyse Vincent Cardon, qui milite pour que les écoles informatiques prennent part au changement qu’il appelle de ses vœux. Car à l’heure où les relations avec les États-Unis se tendent, la mise en avant de solutions alternatives n’a jamais semblé aussi nécessaire.