Eppur, pas de frein à l’innovation
Fondée en 2020 par Colin Gallois et Lancelot Durand à Lille, Eppur développe des systèmes de freinage innovants pour les fauteuils roulants. Son premier produit, la roue Dreeft, intègre ainsi un système de freinage inédit dans le moyeu, inspiré de certains vélos hollandais. Cette innovation vise à sécuriser la descente des pentes, réduire les brûlures et douleurs aux mains et épaules, et limiter l’usure des vêtements des utilisateurs. Un deuxième produit, Skeed, a été lancé à l’été 2025. Ce système de freinage autorise davantage de précision et de mouvements, notamment sur deux roues
Tiamat, en route vers la gigafactory
Basée à Amiens, Tiamat conçoit des batteries sodium-ion à charge ultra-rapide et sans lithium, cobalt ou nickel. La start-up compte une trentaine de salariés et prépare sa gigafactory de 5 GWh à Boves (Somme), avec une première tranche de 1,5 GWh prévue mi-2027. Déjà intégrées dans la gamme d’outils à main Dexter de Leroy Merlin, ses batteries ont séduit le new-yorkais Endeavour, constructeur et exploitant de datacenters, qui est entré au capital en juin 2025, dans le cadre d’un troisième tour de table. Tiamat a bouclé un tour de fonds global de 50 millions d’euros et recherche encore 150 à 200 millions pour le lancement de sa première usine, qui nécessitera un total de 500 millions d’euros de financement. La société vise à devenir la première productrice mondiale de batteries sodium-ion pour applications grand public et industrielles.
Vipali, l’accompagnement santé personnalisé
Créée en 2023 à Lille par huit associés, dont cinq issus du monde de la santé, Vipali combine application mobile, centres physiques et accompagnement scientifique pour promouvoir la prévention santé. La start-up couvre douze domaines, allant de la nutrition à la santé cérébrale, et compte actuellement deux centres à Lille et Liévin. Avec 2,5 millions d’euros levés depuis sa création auprès de partenaires privés, bancaires, de Bpifrance et de la Région Hauts-de-France, Vipali ambitionne de démocratiser la prévention santé et d’améliorer l’espérance de vie en bonne santé grâce à l’IA et à la donnée. Son objectif à moyen terme est de renforcer son ancrage territorial avec trois nouveaux centres et de toucher plusieurs dizaines de milliers d’utilisateurs.
Ensweet, au cœur du soin
Ensweet, fondée par Fabien Wattrelos à Lille, propose une solution de réadaptation cardiaque à domicile combinant capteur de fréquence cardiaque, application et matériel dédié. Cette solution vise à accompagner les patients post-infarctus, dont 70 % n’ont pas accès à la réadaptation. La start-up, qui compte une dizaine de collaborateurs, a levé 3 millions d’euros au printemps 2025 pour accélérer son déploiement auprès des cardiologues et de leurs patients, avec un objectif de toucher chaque année 60 000 personnes.
Moodwork, réduire le stress au travail
Moodwork, basée à Compiègne, développe une application web et mobile pour la prévention des risques psychosociaux en entreprise. Fondée en 2018, elle emploie 15 salariés, dont des docteurs en psychologie et des cliniciens, et accompagne plus de 100 000 collaborateurs en France, Belgique et Suisse. L’application repose sur un parcours en trois phases : autodiagnostic, modules de formation et accompagnement par des psychologues du travail, pour une réduction effective du stress et des risques psycho-sociaux. Moodwork a levé 3,1 millions d’euros en 2025 et prévoit de doubler ses effectifs d’ici 2026. L’entreprise est rentable depuis 2024 et consolide ses verticales métiers, notamment pour le personnel logistique, soignant ou en production.
Bioteos, des micro-algues au service de la pureté de l’air
Fondée en 2021 à Tourcoing, Bioteos développe Oxylon, un système de purification de l’air intérieur reposant sur des microalgues capables de digérer polluants et CO₂, capable de traiter 700 m³ d'air par heure. Son dispositif a notamment été testé dans le métro à Lille et Paris. La start-up compte actuellement une dizaine de collaborateurs. Fin 2024, Bioteos a levé 1,2 million d’euros pour accélérer la R & D, augmenter sa capacité de production et préparer la commercialisation de versions compactes destinées aux bureaux et espaces commerciaux. La start-up ambitionne de se développer nationalement d’abord puis à l’étranger (Asie du Sud-Est et Amérique du Nord) d’ici 2027, en proposant des solutions adaptées aux besoins locaux.
MobiusPack, l’emballage réutilisable pensé pour la logistique
MobiusPack, lancée en 2022 à Lille, conçoit des emballages réutilisables pour colis e-commerce, traçables et réutilisables jusqu’à 100 fois, permettant d’économiser 30 kg d’emballages jetables par cycle. La start-up, qui compte dix salariés, teste depuis l’été 2025 ses solutions sur 1 000 points de livraison Mondial Relay, dans le Nord et la région parisienne, avec 500 emballages en circulation. MobiusPack fait partie des cinq premiers lauréats du programme LogTech, destiné à "soutenir le rôle de l’innovation comme levier de transformation de la filière logistique et transport de marchandises", issu d’un partenariat entre la Direction générale des Entreprises (DGE) et France Logistique. La start-up vise à développer son service à l’ensemble du territoire français dans les prochaines années.
Beyond Green, déjà trois marques pour une alimentation plus saine
Ainsi Beyond Green, créée en 2018 à Lille, accompagne la transition agricole vers le bio et l’agroécologie via trois marques alimentaires, PourDemain, Transition et Vivants. La start-up emploie une trentaine de collaborateurs, a levé 1,5 million d’euros en 2025 et vise un chiffre d’affaires de 15 millions d’euros en 2028, avec 1 000 producteurs français accompagnés à cet horizon. Elle ambitionne de "s’imposer comme le premier groupe de transition agricole en France". L’entreprise prévoit d’atteindre la rentabilité fin 2026 et développe ses leviers commerciaux, de communication et de stock pour soutenir la croissance.
Le Fourgon, moins de plastique, plus de consigne
Basé à Wambrechies, Le Fourgon distribue des produits alimentaires, cosmétiques et pour la maison en contenants consignés en verre, lavables jusqu’à 40 fois. Fondée en 2021, l’entreprise emploie 330 salariés et revendique 65 000 clients. La start-up a levé 8,2 millions d’euros en janvier 2025 pour étendre son réseau logistique et recruter 100 nouveaux collaborateurs, après avoir atteint la rentabilité opérationnelle. Le Fourgon, qui revendique 65 000 clients, a permis depuis sa création d’éviter l’usage de plus de 25 millions de bouteilles jetables, soit plus de 9 250 tonnes de plastique.
VizioSense, l’œil de la "smart city"
Créée en 2022 à Lille, VizioSense conçoit des capteurs optiques intelligents pour compter piétons, véhicules et vélos sans captation d’images ni stockage de données, garantissant la conformité RGPD. La start-up équipe déjà 15 pays et compte pour clients des collectivités, des opérateurs d’infrastructures ou des entreprises comme Coca-Cola ou Engie. Elle a levé 2,7 millions d’euros à l’été 2025 et vise la rentabilité dès 2026. À court terme, VizioSense prévoit d’étendre sa présence commerciale en Europe et au Moyen-Orient et de renforcer son équipe commerciale.
Niryo, la tête et les bras
Depuis Wambrechies, Niryo continue de tracer son sillon dans la petite robotique. L’entreprise fondée en 2017, qui développe des bras robots collaboratifs pour l’éducation et l’industrie, emploie 45 collaborateurs et revendique plus de 3 000 robots vendus dans 70 pays. Très prisée du monde de l’éducation, la start-up est en train de renforcer son offre à destination des entreprises au travers de deux innovations. La dernière version de son robot de table Ned, le Ned3 Pro, automatise ainsi des tâches répétitives comme le tri de petits éléments. Sa nouvelle plateforme, Nate, va quant à elle donner naissance à une nouvelle génération de bras robotisés, beaucoup plus grands, appelés à de nouveaux usages dans l’industrie. Niryo ambitionne de produire 4 000 de ses robots par an d’ici 2028, et d’atteindre la rentabilité au même horizon, tout en doublant ses effectifs.