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4Moving Biotech lève 12 millions d’euros pour révolutionner le traitement de l’arthrose du genou
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4Moving Biotech lève 12 millions d’euros pour révolutionner le traitement de l’arthrose du genou

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La start-up lilloise 4Moving Biotech boucle un nouveau tour de table de 12 millions d’euros auprès d’investisseurs privés et de family offices, portant ses fonds levés à 30 millions depuis sa création. Cette opération vise à financer la première démonstration clinique transatlantique de sa molécule innovante contre l’arthrose.

Luc Boblet, dirigeant de 4Moving Biotech, qui développe un traitement innovant contre l’arthrose du genou — Photo : 4P Pharma

Il n’existe encore aucun traitement capable de ralentir la progression de l’arthrose du genou. La start-up lilloise 4Moving Biotech (4MB) vient de lever 12 millions d’euros pour tenter de changer la donne. "L’opération est bouclée. L’argent est déjà sur le compte", confie Luc Boblet, dirigeant de 4MB. Cette levée de fonds vise à soutenir une phase d’essais cliniques à la fois en Europe et aux États-Unis. Outre l’évaluation de l’efficacité du traitement, cette phase doit permettre d’obtenir une autorisation de mise sur le marché accélérée.

30 millions levés au total

Le financement a été réalisé auprès d’un groupe d’investisseurs privés et de family offices, qui n’ont pas souhaité être nommés, comprenant les actionnaires historiques. Cette nouvelle injection de capital porte à 30 millions d’euros le montant total levé depuis la création de 4Moving Biotech, incluant les tours précédents et un soutien public via le dispositif France 2030, à hauteur de 7,6 millions d’euros.

4P Pharma, actionnaire historique

L’actionnaire majoritaire au terme de cette opération reste l’entreprise lilloise 4P Pharma (CA non communiqué), maison mère de 4Moving Biotech. Fondée par Revital Rattenbach, 4P Pharma est positionnée sur la régénération de médicaments. Elle identifie des médicaments déjà présents sur le marché, puis les modifie (mode d’administration, dosage, etc.) en vue de les repositionner sur des maladies graves et non traitées.

Fonctionnant comme un start-up studio, 4P Pharma crée pour chaque molécule identifiée une filiale spécialisée dans son développement clinique et commercial. 4MB se concentre ainsi sur les GLP-1, dédiés au traitement de l’obésité, en vue de les repositionner sur l’arthrose. "4P Pharma compte une trentaine de collaborateurs, ventilés entre la maison mère et les filiales selon les besoins", indique Luc Boblet.

Un besoin médical non satisfait

Cette levée de fonds permettra à 4Moving Biotech de financer la première démonstration clinique de son traitement chez l’homme. L’essai portera sur 130 patients répartis en Europe (France, Espagne, Danemark, Pologne), au Canada et aux États-Unis. "La phase de preuve de concept durera trois mois et évaluera principalement l’effet antidouleur de la molécule, avec des mesures secondaires sur sa capacité à ralentir la dégradation articulaire", détaille le dirigeant.

"L’arsenal thérapeutique actuel ne suffit pas pour ralentir la dégradation des articulations."

L’objectif est de répondre à un besoin médical non satisfait. Ce traitement vise à soulager la douleur, en se positionnant comme un analgésique plus puissant que ceux présents sur le marché. Mais il vise aussi à ralentir la progression de l’arthrose, sachant que "l’arsenal thérapeutique actuel ne suffit pas pour ralentir la dégradation des articulations", souligne Luc Boblet. Le tout afin de retarder au maximum le recours à une prothèse.

Une commercialisation en 2028-2029

Cette preuve de concept doit permettre à la biotech de solliciter un accès accéléré au marché auprès de la FDA et de l’EMA, les deux principales agences de régulation des médicaments et dispositifs médicaux pour les marchés américain et européen. "Leur feu vert permettrait de se passer d’une phase 3 d’essais cliniques, à la fois longue et coûteuse", note Luc Boblet. En obtenant ce feu vert, 4MB pourrait démarrer directement les études pivotales (étape qui permet de calculer le rapport bénéfice/risque de la molécule, NDLR), qui précèdent la mise sur le marché.

80 à 100

Ces études pivotales viseraient alors à confirmer les bénéfices du traitement sur une année complète et à établir l’impact direct sur la structure articulaire. Le financement nécessaire serait cette fois plus important, avec "une levée de 80 à 100 millions d’euros, potentiellement marquée par l’entrée au capital d’un partenaire industriel", souligne le dirigeant. Si tout s’enchaîne comme prévu, le lancement commercial devrait intervenir entre fin 2028 et début 2029, ciblant d’abord les patients atteints d’arthrose avancée du genou.

Des partenaires commerciaux

La production des lots nécessaires aux essais cliniques est assurée par des fabricants français partenaires, avec une stratégie flexible pour répondre aux besoins futurs de distribution mondiale. Plusieurs pistes sont d’ailleurs à l’étude concernant la commercialisation. 4Moving Biotech envisage des partenariats avec des entreprises pharmaceutiques établies, pour un déploiement international. En parallèle, elle aimerait garder les droits commerciaux de son médicament sur un territoire restreint, comme la France, voire une partie de l’Europe.

Une molécule prometteuse

Selon Luc Boblet, le mécanisme d’action de la molécule est bien établi et bénéficie de preuves précliniques solides. Même dans un scénario où seul l’effet antidouleur serait confirmé à l’issue de cette phase d’essais cliniques, cela représenterait déjà un marché important, compte tenu du nombre de patients concernés et de l’insuffisance des traitements actuels sur la douleur.

600 millions de personnes dans le monde sont touchées par l’arthrose, en particulier au niveau du genou et des hanches — Photo : 4Moving Biotech

L’arthrose touche près de 600 millions de personnes dans le monde, principalement au niveau du genou et des hanches. Ce médicament est donc susceptible de générer "des milliards de revenus annuels", annonce le dirigeant. Par la suite, il pourrait d’ailleurs être étendu à d’autres articulations touchées par l’arthrose, en fonction des besoins médicaux.

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