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Le lillois 4Moving Biotech décroche 7,6 millions d’euros via le plan France Relance 2030
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Le lillois 4Moving Biotech décroche 7,6 millions d’euros via le plan France Relance 2030

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La biotech lilloise 4Moving Biotech, filiale de 4P Pharma, obtient 7,6 millions d’euros via France 2030. La somme va lui permettre d’accélérer le développement de son traitement contre l’arthrose du genou, à base d’une molécule déjà utilisée contre le diabète et l’obésité. Si les prochains essais s’avèrent concluants, la mise sur le marché devrait aboutir à l’horizon 2029-2030.

La jeune pousse lilloise 4Moving Biotech développe un traitement contre l’arthrose du genou, en repositionnant une molécule déjà utilisée contre le diabète et l’obésité — Photo : Elodie Soury-Lavergne

La jeune pousse lilloise 4Moving Biotech (4MB) décroche un financement de 7,6 millions d’euros, dans le cadre du plan France Relance 2030. Détenue par la biotech lilloise 4P Pharma, 4MB reçoit ainsi un soutien de taille de la part de l’État, pour son programme de développement d’un traitement de l’arthrose du genou. "C’est une reconnaissance de nos efforts et de notre approche, face à un besoin médical non satisfait", se réjouit Luc Boblet, dirigeant de 4MB. L’entreprise ambitionne d’être la première à mettre sur le marché mondial un traitement contre l’arthrose, agissant à la fois sur la douleur et la progression de la maladie, tout en retardant le recours à une prothèse.

Accélérer les essais cliniques

Ce financement va permettre à 4MB, qui compte 10 salariés, d’accélérer les essais autour de son candidat médicament. Fidèle à la stratégie de sa maison mère, 4P Pharma (28 salariés, CA non communiqué), qui est positionnée sur la régénération de médicaments, 4MB travaille sur une molécule déjà présente sur le marché, baptisée 4P004 et dédiée au traitement du diabète et de l’obésité. Son objectif est de la modifier (dosage, mode d’administration, etc.), pour la repositionner sur l’arthrose du genou.

"Partir d’une molécule existante, plutôt que d’une nouvelle molécule, présente un avantage compétitif."

Durant l’année à venir, la biotech va mener une étude clinique de phase 2a, auprès de 130 patients en Europe, aux États-Unis et au Canada. "Partir d’une molécule existante, plutôt que d’une nouvelle molécule, présente un avantage compétitif. Les coûts de développement sont moins importants et, comme le profil sécurité de la molécule a déjà été établi, cela permet une mise sur le marché accélérée", commente Revital Rattenbach, fondatrice et dirigeante de 4P Pharma. Si les prochains essais s’avèrent concluants, 4MB pourrait commercialiser son traitement à l’horizon 2029-2030.

Des milliards d’euros de revenus annuels

L’arthrose du genou touche près de 600 millions de personnes dans le monde, quelque 10 millions en France, et pourrait concerner plus d’un milliard d’individus d’ici 2050 dans le monde. Une mise sur le marché de son candidat médicament représenterait pour 4MB "des milliards d’euros de revenus annuels", note Luc Boblet.

Revital Rattenbach, cofondatrice et codirigeante de la biotech lilloise 4P Pharma — Photo : 4P Pharma

4P Pharma envisage de commercialiser elle-même ce traitement en France et en Europe, passant ainsi du statut de biotech à celui de groupe pharmaceutique. "Ailleurs, nous céderons les droits de commercialisation à des partenaires locaux, comme une société pharmaceutique américaine pour les États-Unis", annonce la dirigeante.

Vers une prochaine levée de fonds

"Ce financement de l’État représente 50 % du besoin en financement de notre projet, l’autre moitié ayant déjà été sécurisée auprès de 4P Pharma et d’investisseurs privés", note Luc Boblet. Au total, la biotech a obtenu 14 millions d’euros pour ce projet, dont 5 millions d’euros de la part de 4P Pharma, qui reste son actionnaire majoritaire. Cette dernière avait d’ailleurs levé 15 millions d’euros en 2024 pour soutenir l’activité de ses filiales. "Nous créons une filiale dédiée pour chaque maladie grave et non traitée sur laquelle nous souhaitons repositionner une molécule existante, dont nous avons préalablement acquis les droits", explique la dirigeante. 4MB prévoit une autre levée de fonds, dès cette année, à hauteur de près de 10 millions d’euros, qui permettra notamment de démarrer "un autre essai clinique, sur une molécule de la même classe".

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