Les contours du plan de réduction des effectifs français d’ArcelorMittal se précisent, au lendemain du CSE extraordinaire convoqué par l’aciériste, le 23 avril. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le Dunkerquois s’apprête à payer un lourd tribut : le site concentrerait la moitié des postes supprimés en France, selon un document publié par la CGT de l’usine de Dunkerque.
S’étendant sur 450 hectares, le site est l’une des plus grandes usines de laminage à chaud en Europe, produisant plus de 7 millions de tonnes d’acier par an. Employant 3 200 salariés, il perdrait 332 postes : 177 en production, et 155 dans les fonctions support.
Le site de Mardyck, qui compte 500 salariés, devrait perdre 5 postes, tandis que ceux de Desvres (Pas-de-Calais) et de Montataire (Oise) seraient finalement épargnés.
Selon les syndicats présents hier à la réunion, aucune mention n’a été faite du fameux plan de décarbonation des sites de Dunkerque et Fos, évalué à 1,7 milliard d’euros et qui reste donc "suspendu" jusqu’à nouvel ordre.
Réactions politiques
Alors que la CGT annonce une mobilisation à venir sur les sites de Mardyck et Dunkerque, le maire de Dunkerque et président de la CUD Patrice Vergriete a vertement réagi dès mercredi soir, se disant "indigné" par ces "annonces brutales". "Je regrette le manque de transparence et de communication de ces dernières semaines, tant vis-à-vis des salariés du groupe que des élus de la Communauté urbaine qui se sont toujours tenus aux côtés de l’entreprise ces dernières années", pose l’élu.
Ce dernier rappelle également, l’enjeu que représente la décarbonation des sites industriels dunkerquois pour la pérennité de la filière. "Nous le savons tous : la sidérurgie de demain sera décarbonée, ou elle ne sera pas !", conclut-il, encourageant ArcelorMittal à ne pas renoncer à ses projets d’investissement.
Une "onde de choc" pour les entreprises, redoute la CPME Nord
De son côté, la CPME Nord "prend acte avec préoccupation" de cette décision, qui "vient créer une onde de choc qui ne s’arrêtera pas aux portes de l’usine". "Il est essentiel de souligner que cette réorganisation aura des répercussions directes sur de nombreuses entreprises locales, notamment parmi nos adhérents : sous-traitants, fournisseurs, prestataires de services…", poursuit la confédération, appelant à une concertation pour "amortir les effets" de cette annonce, et "préserver l’activité des TPE et PME du Dunkerquois."