"Entre 170 000 et 200 000 emplois" sont menacés par "250 plans de licenciements", a déclaré Sophie Binet, la secrétaire générale de la CGT, dans une interview aux Echos ce 27 novembre. Interrogée la veille sur RTL, Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT, a estimé de son côté à au moins 23 000 le nombre de destructions d’emplois, rien que pour le mois de novembre. En parallèle de ces plans de licenciements massifs, "le plus grand plan social, c’est celui qui concerne les PME et les TPE", a rappelé François Asselin, le président de la CPME sur RMC. Des fermetures sans bruit, quand les annonces de fermetures de site des grands groupes ont fait la Une des médias ces derniers jours.
Annonces de fermetures de site, de plans sociaux, défaillances : les mauvaises nouvelles s’enchaînent
Le fabricant de pneumatiques Michelin a annoncé début novembre 2024 la fermeture de ses usines de l’Ouest. Basés à Vannes (Morbihan) et à Cholet (Maine-et-Loire), les sites emploient 1 200 personnes. Auchan projette de son côté de se séparer de 2 400 postes en France, ArcelorMittal de fermer ses usines de Denain (Nord) et de Reims (Marne), où évoluent 130 salariés. Dans le sillage de ces grandes entreprises, des ETI sont en difficulté : les laboratoires Boiron vont supprimer 145 emplois en 2025, l’équipementier automobile Dumarey Powerglide se déleste de 248 postes à Strasbourg, le distributeur de vêtements Le Coq Sportif est placé en redressement judiciaire…
Des secteurs entiers de l’économie battent de l’aile. Dans l’industrie automobile, les annonces de suppressions d’emplois et de fermetures de sites s’enchaînent. Dans le bâtiment et l’immobilier, la crise est violente. Les promoteurs immobiliers redoutent ainsi une année 2025 "sanglante". Dans la chimie, l’inquiétude est grande également. ExxonMobil en Normandie, Vencorex en Isère… : 15 000 emplois seraient menacés dans l’Hexagone, selon la fédération France Chimie.
La crainte d’une motion de censure du gouvernement
"Nous avons besoin de perspectives", a martelé François Asselin le 27 novembre sur RMC. Le président de la CPME a fait part de son inquiétude vis-à-vis d’une éventuelle motion de censure du gouvernement qui retarderait la mise en œuvre des mesures budgétaires de redressement de l’économie française. Une incertitude qui ajoute au climat social fragile et contraint les entreprises à suspendre leurs investissements. Près d’un dirigeant étranger sur deux a reporté ou annulé ses investissements prévus pour 2024 selon les derniers chiffres d’EY. La motion de censure pourrait être votée dès l’emploi d’un 49-3 par le gouvernement. Celui-ci pourrait y avoir recours dès le 2 décembre, afin d’adopter le projet de loi de financement de la Sécurité sociale.