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Avec sa nouvelle usine, Orsteel est équipé pour tripler sa productivité
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Avec sa nouvelle usine, Orsteel est équipé pour tripler sa productivité

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Sur les hauteurs de Nice, dans la vallée du Paillon, la PME familiale Orsteel a désormais une usine digne de ce nom. Spécialiste de la quincaillerie, de l’appareillage électrique et de l’éclairage haut de gamme, l’industriel a désormais l’outil pour porter ses ambitions.

Adrien Sfecci dirige l’entreprise industrielle Ortseel, spécialisée dans la quincaillerie, l’appareillage électrique et l’éclairage premium — Photo : Olivia Oreggia

Depuis longtemps, Orsteel avait le savoir-faire, à la fois dans la quincaillerie, l’appareillage électrique et l’éclairage architectural et paysager haut de gamme. Fondée en 1975, la PME familiale avait aussi la main-d’œuvre (22 collaborateurs). Ne lui manquait que l’espace. Le sujet en était devenu vital.

La nouvelle usine d’Orsteel a été construite à l’Escarène, dans la vallée du Paillon, sur les hauteurs de Nice — Photo : Olivia Oreggia

Prêt pour les 20 prochaines années

L’ancien site de Contes, près de Nice, était devenu trop exigu. "Nous étions parfois obligés de refuser des marchés et des clients", assure Adrien Sfecci, troisième génération à la tête de l’entreprise.

Le problème est enfin résolu avec cette nouvelle usine de 1 800 m2 sur trois niveaux, sortie de terre à l’Escarène après deux ans de travaux et un investissement global de 3 millions d’euros, terrain et équipement compris, dont 1,3 million d’euros apportés par Bpifrance et 1,3 million d’euros par le CIC et BNP Paribas.

Orsteel étend désormais son activité sur 1 800 m² au sein de sa nouvelle usine — Photo : Olivia Oreggia

Un investissement de poids pour un industriel qui réalise 4,5 millions d’euros de chiffre d’affaires mais qui "nous donne, sur les 20 prochaines années, une clarté sur nos possibilités, reprend le dirigeant. Un bâtiment comme celui-là peut nous permettre d’aller jusqu’à 10 millions d’euros de chiffre d’affaires."

Depuis le début de l’année 2026, Orsteel a déjà doublé sa productivité. Et vise rapidement de la multiplier par trois.

Quincaillerie, appareillage électrique, éclairage… la palette des savoir-faire de la PME lui confère un profil singulier et un atout concurrentiel — Photo : Olivia Oreggia

Des marchés de niche

Avec un tel outil, la PME va pouvoir renforcer sa singularité. Certifié Origine France Garantie et labellisé Entreprise du Patrimoine Vivant, Orsteel est sollicité pour ses différentes expertises : interrupteur, poignée de porte, prise électrique, liseuse, éclairage de piscine… du premium, sur mesure.
"La dynamique de l’entreprise aujourd’hui est d’aller dans des marchés de niche et dans des métiers où personne ne veut aller ou pour répondre à des demandes techniques, explique Adrien Sfecci. Habituellement, en France, pour retrouver tout ce que nous proposons, un architecte doit aller voir 5 acteurs différents. En passant par nous, il n’en a qu’un. Et à terme, nous ne serons plus reconnus pour l’éclairage ou pour l’appareillage mais pour un savoir-faire de finition."

Des poignées de porte assorties aux prises électriques, aux interrupteurs, aux liseuses et même aux pieds de télévision… Orsteel propose du sur-mesure haut de gamme et luxe — Photo : Olivia Oreggia

25 % à l’export

À l’image de ces pieds de télévision, demandés sur mesure, pour être de la même couleur et dans la même esthétique que les interrupteurs, poignées de portes et boîtiers habillant un thermostat. Des commandes de quelques dizaines à plusieurs centaines de milliers d’euros.

Ces produits habillent de luxueuses villas et appartements de Monaco ou d’ailleurs, des yachts, des palaces de la Côte d’Azur, Courchevel ou Marrakech. L’entreprise réalise 25 % de son activité à l’export.

Orsteel compte 22 collaborateurs — Photo : Olivia Oreggia

Madame Steel fait dans l’aluminium

2026 sera donc la première année d’exercice dans cette nouvelle usine, lui ouvrant de nouvelles portes. Une année qui verra stabiliser son modèle et accentuer son développement commercial. Pour ce faire les produits sont désormais clairement répartis selon les quatre marques de la maison : l’historique SJD (Select Junior Décolletage), Eclaix (inox), Orsteel (laiton) et, la dernière-née, Madame Steel.

Alliage de cuivre et de zinc, le laiton est ultra-robuste et résistant à la corrosion. Orsteel travaille aussi l’aluminium permettant des prix plus accessibles puisqu’il est 40 % moins cher que le laiton — Photo : Olivia Oreggia

40 % moins cher que le laiton

En collaborant avec une société américaine, l’entreprise azuréenne découvre la technologie PVD (dépôt physique en phase vapeur) qui lui offre de nouvelles opportunités… impossibles à finaliser dans l’ancien atelier.

La machine PVD utilisée par Orsteel permet de métalliser la globalité des pièces, projetant du laiton, du cuivre, du zirconium, du chrome pour obtenir des rendus différents — Photo : Olivia Oreggia

L’acquisition d’une machine permettant ce dépôt de métal sous vide s’est élevée à 500 000 euros (avec le soutien de la Région Sud) et autant en termes d’installation.
"C’était extrêmement compliqué pour nous, reprend le jeune patron, on s’est alors demandé comme l’optimiser. C’est de là qu’a germé l’idée de Madame Steel, marque haut de gamme mais pas de luxe, avec une base d’aluminium. En gardant bien sûr le même niveau de qualité et de finition, mais en étant 40 % moins cher que le laiton. De quoi aller toucher par exemple des hôtels 3 ou 4 étoiles."

Orsteel propose également de l’éclairage architectural et paysager haut de gamme — Photo : Olivia Oreggia

Ouverture du capital en 2026 ?

Pour valoriser ces savoir-faire et ces nouveaux produits, manque encore une ultime petite brique : la visibilité. Ainsi le dirigeant est-il en discussion avec un fonds d’investissement, français, pour entrer au capital d’Orsteel et aider à ce développement.

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