C’est un sujet au sein de la PME familiale "depuis une bonne année" : Orsteel est à la recherche d’une société à acquérir. "Nous nous sommes rendu compte que la croissance organique, dans nos métiers qui ont un vrai savoir-faire, est finalement plus compliquée, confie Adrien Sfecci qui gère avec son frère, l’entreprise fondée par leur grand-père. Celle-ci fabrique éclairages et appareils électriques de luxe près de Nice.
Trois critères à remplir
Une première cible, dans la fabrication de robinets, avait été identifiée, mais ses deux sites de production étaient à Paris et en Baie de Somme. Après avoir testé et évalué ce qu’impliquaient de tels déplacements, le projet a été abandonné.
Ainsi le duo dirigeant s’est fixé trois critères : qu’elle soit ou non dans son cœur de métier, l’entreprise devra être sur le territoire azuréen, avoir le potentiel pour être labélisée Origine France Garantie (Adrien Sfecci est président du club Origine France Garantie des Alpes-Maritimes), et Entreprise du Patrimoine Vivant, comme l’est Orsteel. "Je me retrouve dans ces entreprises au savoir-faire unique, reprend le dirigeant. Qu’elles fabriquent des planchas, des meubles ou qu’elles travaillent le cuir, elles parlent des mêmes choses, et nous partageons les mêmes contraintes, à commencer par faire perdurer le savoir-faire de nos collaborateurs et former la jeune génération."
Une cible remise en question
Une nouvelle cible, repérée depuis par Adrien Sfecci, semble remplir ces exigences. Si elle n’est pas dans la métallurgie, elle est voisine d’Orsteel, dans la Vallée des Paillons. La signature ne devait plus tarder. Mais c’était sans compter les deux premiers jours du programme Boost tout juste lancé par l’UPE 06, avec l’IRCE et Connect Pro, et auquel Adrien Sfecci participe aux côtés d’une dizaine d’entrepreneurs azuréens intéressés par la croissance externe. "J’avais visité cette entreprise il y a quatre ans et identifié alors son potentiel. Le dirigeant a plus de 80 ans et la société périclite d’année en année, ce qui devient dangereux et fait réfléchir. Son bilan 2023 vient de sortir et dans l’analyse faite lors de ces deux jours avec les experts, je me demande s’il y a encore quelque chose à récupérer, si cela vaut vraiment l’investissement en termes de temps et de moyens."
"J'adore reprendre des sociétés qui sont un peu mal en point, c'est quelque chose qui me passionne."
Si le trouble est semé dans l’esprit du gérant, réaliser une opération de croissance externe reste un objectif majeur. "J’adore reprendre des sociétés qui sont un peu mal en point, c’est quelque chose qui me passionne et que j’ai déjà expérimenté dans une activité précédente, souligne Adrien Sfecci.
C’est un peu ce que nous avons fait avec Orsteel qui est passé de 150 000 euros de chiffre d’affaires quand nous sommes arrivés avec mon frère il y a huit ans à 2,5 millions d’euros aujourd’hui (4,5 M€ consolidés avec l’autre entité du groupe, SJD Décolletage, NDLR) et de 2 à 17 collaborateurs."
Un nouveau site de production
En attendant que le temps de la réflexion porte ses fruits, Orsteel va emménager cet été dans ses nouveaux bâtiments (réalisés pour plus de 3 millions d’euros (cofinancés par Bpifrance et le CIC) non loin de Contes, à L’Escarène, troquant ses 750 m2 actuels contre 2 300 m2, dont 1 500 m2 pour l’entreprise. Le reste de la surface est laissé à disposition pour une nouvelle activité.