Guerre au Moyen Orient : les fabricants de câbles alertent sur la hausse des prix des matières premières
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Guerre au Moyen Orient : les fabricants de câbles alertent sur la hausse des prix des matières premières

Réunis au sein du Sycabel, les fabricants de câbles français alertent les pouvoirs publics sur les conséquences économiques du conflit au Moyen-Orient. Les industriels doivent composer avec la hausse des matières premières et l’allongement des délais d’approvisionnement.

Le cours du cuivre atteint un niveau record. Ici des bobines de l’usine normande d’Acome — Photo : Acome - S. Meyer

Les fabricants de câbles électriques et de communication français font face à des hausses importantes des coûts de leurs matières premières. "On n’est plus dans le simple ajustement de prix", assure Francis Rouet, délégué général du Sycabel. Cette organisation professionnelle regroupe une vingtaine d’entreprises du secteur, comme le normand Acome, le corrézien Sicame ou le parisien Nexans, employant au total 7 000 salariés.

Les hausses des prix touchent les deux composants des câbles : les isolants et gaines en plastique et les métaux non ferreux.

Hausse des cours de l’éthylène, du cuivre, de l’aluminium…

La hausse des cours du pétrole impacte directement le coût des matières plastiques et celui de certains additifs utilisés en câblerie. Base des matières plastiques les plus fréquemment utilisées, l’éthylène voit ses prix flamber, s’envolant de 40 % entre février et mars.

Depuis le déclenchement du conflit, les cours de l’aluminium ont, eux, augmenté de 16 %, se rapprochant de son pic historique connu au début du conflit ukrainien. Les cours du cuivre avaient déjà fortement augmenté avant le conflit au Moyen Orient, ils restent depuis à un niveau record, aux alentours des 13 000 dollars la tonne.

La fermeture du détroit d’Ormuz crée aussi des tensions sur la production de soufre, utilisé dans la production de cuivre. Un quart de la production mondiale de soufre est en effet concentrée au Moyen Orient.

Hausse des délais de livraison

"Plus le conflit va durer, plus cela va mettre les entreprises sous tension", rappelle le délégué général du Sycabel. Les tensions se manifestent aussi par des hausses des délais de livraison, d’éthylène notamment, sans entraîner de rupture pour le moment, indique Francis Rouet.

Francis Rouet, délégué général du Sycabel : "Heureusement, une partie des câbles sont destinés à des marchés publics où il existe des formules de révision des prix" — Photo : Sycabel

Le Sycabel alerte les pouvoirs publics mais, contrairement à d’autres organisations professionnelles, ne réclame aucune aide financière. "Heureusement, une partie des câbles sont destinés à des marchés publics où il existe des formules de révision des prix, qui sont appliquées", indique Francis Rouet. Les industriels parviennent ainsi à répercuter, au moins en partie, la hausse de leurs coûts de production.

Des industriels expérimentent le recyclage

Devant la multiplication des crises ces dernières années, les fabricants de câbles expérimentent aussi d’autres voies d’approvisionnement. "On introduit des matières premières recyclées, comme du cuivre et de l’aluminium. Et on commence à introduire aussi une part de plastiques recyclés", explique Francis Rouet.

C’est un chemin suivi par exemple par Acome. Devant la flambée des cours, le fabricant normand de câbles de 1 600 salariés accélère sa stratégie de recyclage du cuivre, un métal recyclable à l’infini. Mais l’utilisation de matières recyclées dans une industrie très consommatrice de capitaux ne se fait pas en un claquement de doigts. L’intégration soulève de nouveaux défis techniques et économiques.

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