La France devrait éviter la récession, estime le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau
# Industrie # Conjoncture

La France devrait éviter la récession, estime le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau

S'abonner

Dans sa dernière lettre au chef de l’État, le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau estime que la France devrait éviter la récession malgré "l’incertitude sans précédent" générée par le conflit au Moyen Orient.

François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, estime que la France échappera à la récession — Photo : Sikarin Thanachaiary - World Economic Forum

La France devrait éviter la récession malgré le conflit au Moyen-Orient. Pour sa dernière lettre au président de la République avant son départ de la Banque de France, le gouverneur François Villeroy de Galhau dresse un état des lieux de l’économie française. Une économie qui fait face à une "incertitude sans précédent", liée au conflit au Moyen-Orient.

Moins de croissance

Ce qui est certain, c’est que le conflit va générer "un choc négatif de l’offre" se traduisant par moins de croissance et plus d’inflation en France, comme pour l’économie mondiale.

Difficile à ce stade de prédire les effets économiques, qui dépendront de la durée et de l’intensité du conflit. Cela a conduit la Banque de France à établir trois scénarios. Dans chacune des hypothèses, "la France devrait garder une croissance annuelle ralentie mais positive, et éviter la récession", pour les trois années à venir, de 2026 à 2028, assure le gouverneur de la Banque de France. En fonction des scénarios, l’institution prévoit un taux de croissance du PIB variant de 0,3 % à 0,9 % pour 2026, de 0,4 % à 0,8 % pour 2027 et de 1,2 à 1,5 % pour 2028.

L’inflation devrait être contenue en France

Sur l’inflation, la Banque de France tempère. La hausse des prix pourrait être "sensible" en 2026, évaluée entre 1,7 et 3,3 % selon les scénarios. Selon l’Insee, la hausse des prix a été de 1,1 % sur un an à fin février 2026, de 2 % en mars et 2,5 % en avril (en "indice harmonisé"). Une accélération "presque entièrement due aux prix de l’énergie". Mais l’inflation reviendrait ensuite progressivement sous la barre des 2 %, assure la Banque de France.

La hausse des prix continuerait donc à être inférieure en France au reste de la zone euro et ce, pour deux raisons. D’une part, la proportion d’électricité issue du nucléaire qui diminue l’impact du choc pétrolier. D’autre part, la modération des salaires nominaux.

Ne pas multiplier les aides financières

Face à l’urgence, le gouverneur de la Banque de France n’invite pas le chef de l’État à multiplier les aides. "Mieux vaut investir dans la transition énergétique – nucléaire et renouvelables – plutôt que de dépenser toujours plus dans des protections coûteuses et assez illusoires", prévient François Villeroy de Galhau. Si la hausse des prix à la pompe alimente des demandes d’aides financières de la part des entreprises et des particuliers, le gouverneur estime que "le bilan des mesures exceptionnelles de soutien adoptées après 2022 reste peu convaincant". Il les juge "coûteuses, difficiles à démanteler et trop peu ciblées". Il appelle le gouvernement à de la "retenue", d’autant que l’inflation est plus faible en France qu’ailleurs et que les marges de manœuvre budgétaires sont réduites.

Réforme structurelle à l’échelle européenne

"La crise actuelle appelle à accélérer la transition pour sortir de la dépendance aux énergies fossiles", assure le gouverneur de la Banque de France. Cela passe par l’intensification de la politique d’électrification à l’échelle européenne et française. Pour cela, il est nécessaire selon François Villeroy de Galhau d’intégrer davantage le marché unique, d’investir plus massivement et d’accélérer l’innovation, notamment par la simplification administrative.

"Plus de 30 ans après l’euro qui a permis la souveraineté monétaire de l’Europe, c’est l’heure ou jamais de construire sa souveraineté économique et financière", appelle-t-il. Une façon de rappeler que le Vieux Continent ne peut désormais compter que sur lui-même.

France Paris # Industrie # Services # Conjoncture # Politique économique