La santé mentale des entrepreneurs se porte de mieux en mieux. 76 % d’entre eux sont en bon état psychologique selon un baromètre Ifop pour la fondation MMA des entrepreneurs du futur, publié le 4 mai 2026. Un résultat plus positif qu’en 2025 où un point bas de 67 % de dirigeants en bonne santé mentale avait été atteint.
Des dirigeants qui vont mieux mais restent épuisés
Malgré cette amélioration, 51 % des dirigeants affirment avoir été ou être confronté à des difficultés psychologiques. Une problématique qui touche tous les dirigeants, sans distinction d’âge, d’activité, de fonction ou d’ancienneté, précise la Fondation MMA des entrepreneurs du futur.
L’épuisement, les tensions musculaires ou les troubles du sommeil font aussi partie du quotidien d’un chef d’entreprise sur deux. 43 % d’entre eux ressentent même des troubles anxieux, 41 % du découragement et de la perte de motivation et 39 % de la colère et de l’irritabilité.
Parmi les principales sources de difficultés, les dirigeants citent la charge administrative et réglementaire, la surcharge de travail et l’incertitude économique. Le baromètre met aussi en lien les troubles de la santé mentale avec les difficultés à adopter un mode de vie plus sain (équilibre vie professionnelle et personnelle, déconnexion, pratique sportive).
La construction et l’agriculture fortement touchées
Le secteur d’activité du dirigeant a un fort impact sur sa santé. Dans l’industrie, l’état de santé psychologique est bon tandis qu’il est mauvais dans l’agriculture, la construction et les transports. Les dirigeants d’une entreprise du BTP sont les plus exposés à des problématiques de santé mentale. Ils souffrent de troubles du sommeil, de troubles anxieux, sont souvent découragés, ressentent des tensions musculaires ou encore des tensions relationnelles.
"L’accompagnement est encore loin d’être un réflexe"
Les dirigeants d’entreprises agricoles sont les plus touchés par les difficultés quotidiennes autour de la charge administrative, de l’incertitude, des difficultés économiques de l’entreprise, du risque juridique. Ils sont aussi nombreux à se sentir seuls face aux décisions lourdes et à avoir des problèmes personnels.
Encore trop peu de dirigeants se font aider
"À travers nos rencontres dans les territoires, nous observons que la parole des dirigeants se libère progressivement pour évoquer leur mal-être, mais l’accompagnement est encore loin d’être un réflexe : seuls 28 % des sondés sont ou souhaitent être aidés", affirme Sylvie Bonello, déléguée générale de la fondation MMA des entrepreneurs du futur dans un communiqué.
Le suivi psychologique, un tabou pour beaucoup de dirigeants
Selon une récente étude de l’institut Choiseul, se faire suivre par un professionnel de la santé mentale est même jugé tabou dans leur environnement par deux tiers des dirigeants.
Les dirigeants ont cependant bien conscience de ce qui leur permettrait d’aller mieux. Si un tiers d’entre eux envisageraient de stopper leur activité pour retrouver leur santé, une majorité s’oriente vers des solutions plus douces. Pratiquer un sport, améliorer son sommeil et se déconnecter plus souvent font partie des pistes.