La marche est encore haute pour convertir les flottes de véhicules utilitaires à l’électrique dans l’Union européenne. Selon le dernier bilan de l’Association des constructeurs automobiles européens (Acea) publié le 29 avril 2026, une dynamique est bien lancée au 1er trimestre 2026 mais la part des véhicules électriques immatriculés est encore faible. "Les progrès restent trop lents, leur adoption par le marché demeurant freinée par des conditions favorables insuffisantes", selon l’Association.
Les immatriculations en hausse au 1er trimestre
Tout type d’énergie confondue, les immatriculations progressent au 1er trimestre 2026 par rapport à la même période en 2025 : + 2,3 % pour les utilitaires légers, + 10,7 % pour les poids lourds et + 24,5 % pour les bus. La France est le 2e pays européen pour les utilitaires légers (+ 3,7 %), derrière l’Espagne et le 3e pays pour les bus (+ 22 %), derrière l’Allemagne et l’Italie. Mais pour les poids lourds, la tendance est à la baisse avec un déclin des immatriculations de 1,4 %.
Une progression de l’électrique mais le diesel reste plébiscité
Cette progression globale est encore plus marquée sur l’électrique et l’hybride. Les immatriculations d’utilitaires légers électriques sont en hausse de 35 % en France et de 42 % dans l’UE. Les poids lourds électriques progressent de 66 % à l’échelle nationale et de 40 % à l’échelle européenne. La tendance est la même pour les bus.
Le diesel continue cependant de séduire. Dans une moindre mesure pour les utilitaires légers (+ 2,3 % en France) mais dans des proportions plus marquées pour les camions (+ 1,7 % en France, + 11 % en Europe) et les bus (+ 24 % en France et en Europe).
Une aide financière pour l’achat d’un poids lourd électrique
Avec la crise énergétique en cours depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, l’électrification des poids lourds est un enjeu stratégique. Selon la dernière note de conjoncture de la Fédération nationale du transport routier (FNTR), le secteur fait même face à une "rupture conjoncturelle nette" au 1er trimestre 2026.
Dans son plan d’électrification dévoilé le 23 avril dernier, le gouvernement a annoncé un soutien allant jusqu’à 100 000 euros pour l’acquisition d’un poids lourd électrique. Soit 40 000 euros de plus qu’en 2025. S’ils affichent des autonomies de plus en plus satisfaisantes, les poids lourds électriques restent très coûteux. Leur prix est en effet deux à trois fois supérieur à celui d’un camion diesel.