Plus stable, plus prévisible et compréhensible : le Medef propose de réformer la discussion budgétaire autour de la loi de finances pour en améliorer l’efficacité. Dans une lettre adressée au Premier ministre Sébastien Lecornu, et datée du 10 avril 2026, Patrick Martin veut "apporter la contribution des entreprises françaises" aux réflexions en cours sur ce sujet.
Le président du Medef indique "partager le diagnostic" autour des problématiques sur le budget. Il cite "un niveau de déficit persistant, une procédure complexe et sans évaluation réelle de leur impact économique et budgétaire". Pour faire face à ces écueils, le Medef recommande d’encadrer le budget annuel par des règles contraignantes et une vision pluriannuelle.
Des plafonds de dépense définis
Pour y parvenir, "une règle d’or constitutionnelle", portant sur le déficit structurel serait mise en place. Elle serait déclinée dans chaque secteur en imposant des plafonds de dépenses pour les administrations centrales et des plafonds de déficit pour les différentes branches de la sécurité sociale. Le Medef recommande également d’établir les trajectoires macroéconomiques avec des "experts indépendants".
Rendre la procédure plus rationnelle et le texte plus lisible
Alors que les deux dernières lois de finances ont été adoptées sur le tard, plongeant de nombreux acteurs dans l’incertitude, le Medef propose de "rationaliser la procédure législative d’adoption du budget et de sécuriser son déroulement".
Le syndicat patronal propose d’associer les parlementaires plus tôt dans la construction du budget et de respecter les délais de dépôt du projet de loi par le gouvernement, prévu début octobre. Pour rendre le texte plus lisible, le Medef recommande d’expliciter davantage les mesures prévues dans le texte.
Une meilleure évaluation des impacts financiers de la loi
Pour le Medef, les mesures adoptées "sans évaluation préalable de leur impact économique sont préjudiciables aux entreprises". Face à ce constat, le syndicat patronal recommande de renforcer l’évaluation de la performance de la dépense. Cela passerait par une évaluation pluriannuelle des dispositifs, pour éviter les mauvaises surprises sur le long terme.
Ces propositions sont adressées au Premier ministre alors que des réflexions sont engagées sur la procédure budgétaire. Le dernier budget a en effet été adopté le 19 février dernier, avec plusieurs semaines de retard et après des débats chaotiques.