Budget 2026 : François Bayrou annonce 43,8 milliards d’économies et veut relancer la production de la France
# Politique économique

Budget 2026 : François Bayrou annonce 43,8 milliards d’économies et veut relancer la production de la France

Le Premier ministre François Bayrou a présenté ce mardi 15 juillet son plan pour le budget 2026. Un plan en deux parties, qui détaille les pistes envisagées par l’État pour réaliser plus de 40 milliards d’euros d’économie et rétablir les finances de la France.

Le Premier ministre a présenté son plan budgétaire pour réaliser 43,8 milliards d'euros d'économie en 2026 — Photo : Gouvernement (capture d'écran YouTube)

François Bayrou a présenté ce mardi après-midi le budget de l’État pour 2026. Un plan demeuré secret jusqu’ici et très attendu, face aux dizaines de milliards d’euros d’économies nécessaires pour réduire la dette de la France. Le premier volet s’attaque à la dette, et le second, à relancer la production.

Ramener la dette à 2,8 % du PIB en 4 ans

D’emblée, le Premier ministre pose les enjeux. "Notre dette s’élève à 3 300 milliards d’euros. Elle s’alourdit de 150 millions d’euros chaque année, et de 5 500 euros chaque seconde", rappelle François Bayrou. Au total, la dette représente 114 % du PIB de la France.

Le diagnostic est simple. "Nous sommes devenus accros à la dépense de l’État", assène le Premier ministre. Par conséquent, réduire la dette est nécessaire. La première partie du plan s’y emploie, sur 4 ans. D’abord, réduire le déficit à 4,6 % en 2026, puis 4,1 % en 2027, 3,4 % en 2028 et enfin 2,8 % en 2029. Il s’agit là du seuil à partir duquel la dette n’augmente plus.

10 mesures pour réaliser des économies

Auparavant portées à 40 milliards d’euros, les économies que l’État doit réaliser sont désormais de 43,8 milliards d’euros. Un montant réajusté avec les dépenses supplémentaires de la Défense.

Comment l’État peut-il réduire ses dépenses ? François Bayrou avance 10 postes d’économies : le fonctionnement et les interventions de l’État (4,8 milliards d’euros), les opérateurs (5,2 milliards d’euros), la baisse des dépenses sociales de la Sécurité sociale (5,5 milliards d’euros), la diminution du financement des collectivités (5,3 milliards d’euros), l’instauration d’une année blanche en 2026 (pas de hausse des prestations et barèmes ; 7,1 milliards d’euros), la lutte contre les fraudes (2,3 milliards d’euros), des mesures d’équité fiscale (4,2 milliards d’euros), des mesures sur les niches fiscales et sociales (3,4 milliards d’euros), des réformes structurelles (1,8 milliard d’euros), et la suppression de deux jours fériés, le lundi de Pâques et le 8 mai (4,2 milliards d’euros).

Autant de propositions qui intègrent le principe que "le travail et la compétitivité des entreprises devront être épargnés tant que possible", a insisté le Premier ministre.

"Réconcilier la France avec le travail"

En parallèle du plan de réduction des dépenses de l’État, François Bayrou a présenté un deuxième volet, axé sur la production. Le Premier ministre a rappelé l’urgence à "réduire le déficit commercial" de la France, tout comme à "réconcilier notre pays avec le travail". Rappelant qu’il fallait "travailler plus", le chef du gouvernement a plaidé pour la suppression de deux jours fériés.

François Bayrou a aussi insisté sur la nécessité d’adopter des mesures de simplification pour alléger les procédures bureaucratiques. L’État pourra adopter ces mesures par ordonnances, afin d’aller plus vite.

Redresser le commerce extérieur

Rappelant le creusement du déficit commercial de la France depuis 20 ans, François Bayrou a soutenu la mise en place d’une stratégie globale de redressement du commerce extérieur. Enfin, la Premier ministre a plaidé pour un meilleur usage de la commande publique, en assouplissant notamment le cadre national et européen.

La motion de censure plane sur le gouvernement

Présenté en avance, en comparaison avec les années précédentes, ce plan budgétaire sera examiné à l’automne par les parlementaires. Au sein de l’opposition, le Rassemblement National et la France Insoumise ont menacé au cours des derniers jours de censurer le gouvernement, en cas de franchissement de lignes rouges.

France Paris # Politique économique # Fiscalité # Services de l'Etat