Salaires : les organisations patronales alertent le gouvernement sur un gel des allègements de charges
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Salaires : les organisations patronales alertent le gouvernement sur un gel des allègements de charges

Face à la perspective d’un gel des allègements de charges patronales sur les salaires, le Medef, la CPME, l'U2P, la FNSEA et l'UDES ont écrit au Premier ministre. Elles demandent une réunion d'urgence et appellent le gouvernement à abandonner cette idée.

Cinq organisations patronales demandent une réunion d'urgence — Photo : © Philippe LEJEANVRE

Les organisations patronales alertent le gouvernement sur un possible gel des allègements de charges sur les salaires et demandent une réunion d’urgence sur le sujet. Dans une lettre signée par le Medef, la CPME, l’U2P, la FNSEA et l’UDES, et adressée au Premier ministre Sébastien Lecornu le 15 mai, les syndicats estiment que ce gel représente "un risque objectif d’un nouveau renchérissement du coût du travail".

Selon L'Opinion, Bercy pourrait en effet geler le barème des allègements de cotisations patronales pour éviter un coût trop important pour les finances publiques, avec une hausse du Smic de 2,4% au 1er juin prochain. Pour rappel, le coût estimé pour les finances publiques des exonérations générales de charges représentait 75 milliards d'euros en 2023, selon le rapport de la mission Bozio-Wasmer sur le sujet.

Un contexte difficile pour les entreprises

Cette décision pourrait être prise alors que le coût la guerre au Moyen-Orient, estimé à 6 milliards d'euros fin avril, s'alourdit pour l'État. Mais elle interviendrait dans un contexte économique peu engageant pour les entreprises, font valoir les organisations patronales.

Elles citent notamment les défaillances d’entreprises en hausse de plus de 4 % sur le début de l’année, une baisse de l’investissement et un taux de chômage au plus haut depuis 2021, à plus de 8 %.

Un risque pour les secteurs "à forte intensité de main-d’œuvre"

Pour les syndicats représentatifs du patronat, "alourdir le coût du travail reviendrait à fragiliser encore davantage les conditions de la croissance, de la souveraineté et de l’emploi". "Un nouveau rabot sur les exonérations de cotisations patronales, qui ont déjà connu une baisse importante en 2024 et 2025, pénaliserait de surcroît particulièrement les secteurs à forte intensité de main-d’œuvre où l’emploi est le plus sensible au coût du travail", selon les cinq organisations.

Interrogé sur France 3 le 17 mai, Roland Lescure a prévenu le patronat. "Si demain, j'augmente les allègements de charges de deux milliards d'euros, des chefs d'entreprises qui n'auront pas augmenté les salaires toucheront des aides supplémentaires, cela me semble injuste aujourd'hui". Le ministre de l'Economie a indiqué qu'il préférait voir "comment les rémunérations évoluent" pour déterminer "ensuite s'il faut adapter nos dispositifs".

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